Dans le procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, la défense de Nicolas Sarkozy, qui sera de nouveau à la barre le 29 avril, a subi un rude coup. Ancien secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, trop malade pour assister aux audiences, a envoyé le 14 avril une lettre au tribunal qui est venue mettre à mal la version, jusque-là commune, des prévenus, ainsi que le relate Franck Johannès dans Le Monde du 16 avril.
Alors que, la semaine précédente, l’ex-président de la République avait souligné le décalage entre le préfet qu’il a connu et ce qu’il a découvert dans le dossier, « suggérant à mots à peine couverts que son “plus proche collaborateur” avait abondamment puisé dans les fonds libyens », son ancien bras droit a suggéré, à son tour, que Nicolas Sarkozy était au courant de certains de ses rendez-vous avec des proches du leader libyen Mouammar Kadhafi, et de certaines de leurs exigences.
« Claude, voyez cela », lui aurait-il dit en 2007, après un dîner au cours duquel était évoqué le sort d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en France, en 1999, pour l’attentat du DC-10 d’UTA qui, dix ans plus tôt, fit 170 morts.
Après les dénégations de Nicolas Sarkozy, confronté à ces révélations devant la cour d’appel, Claude Guéant a insisté sur les mêmes points dans une seconde lettre, dimanche 26 avril : « Nicolas Sarkozy se trompe. »
« la sévérité et le paternalisme d’un entraîneur de football »
Quand Claude Guéant apparaît pour la première fois dans Le Monde, le 28 août 1976, il est « un peu dépité », écrit Dominique Pouchin. Envoyé spécial en Guadeloupe, ce dernier interroge celui qui est alors secrétaire général de la préfecture pour les affaires économiques, alors que l’éruption du volcan de la Soufrière vient de balayer tous les efforts de développement économique de l’île. « Comment ne serions-nous pas amers ? », interroge le jeune haut fonctionnaire.
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Source:
www.lemonde.fr




