Il suffit qu’une plaque balistique présente une fissure pour qu’un gilet pare-balles perde toute son efficacité. D’où la nécessité de vérifier régulièrement leur intégrité.
Ainsi, en juillet dernier, le Centre interarmées du soutien équipements commissariat [CIEC], qui relève du Service du commissariat des armées [SCA], avait évoqué le projet GMOS-TherMOS [pour GaMma One Shot – Thermique One Shot], lequel consistait à doter chaque plaque balistique d’un gilet pare-balles destiné aux forces spéciales de capteurs micromécaniques censées détecter d’éventuelles fissures.
«Chaque plaque balistique peut désormais intégrer un capteur ultraminiaturisé, autonome et sans énergie, capable de détecter et de mémoriser les chocs subis. Grâce à cet indicateur visuel intégré, les forces armées pourront vérifier instantanément l’intégrité des protections balistiques», avait expliqué l’entreprise SilMach, le fournisseur de ces capteurs utilisant la technologies ChronoMEMS.
Depuis, le CIEC a lancé un autre projet qui, appelé CARAPACE [CApacité de Reconnaissance Automatique de Plaques bAlistiques ConformEs], est susceptible de «marquer une avancée significative dans la maintenance des équipements de protection individuelle du combattant».Concrètement, CARAPACE vise à mettre au point un algorithme d’intelligence artificielle [IA] pour «assister l’analyse des radiographies des plaques balistiques», assurée par le Pôle National d’Expertise Balistique [PNEB], établi au sein de l’Établissement logistique du commissariat des armées [ELOCA] de Marseille.
Développé avec l’appui de l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense [AMIAD], CARAPACE s’inspire des «applications médicales pour l’analyse d’images radiologiques, combinant intervention et expertise humaine, et traitement automatisé des données», explique le SCA.
«Conçue pour détecter les défauts dans les plaques balistiques, cette solution d’IA permettrait d’effectuer des analyses automatisées et d’augmenter le seuil maximal de plaques analysées quotidiennement», précise-t-il.
Ce projet a trois objectifs : renforcer la «robustesse» des contrôles, en accroître la cadence [il est question de vérifier l’intégrité de 150 000 plaques par an] et faire en sorte qu’ils puissent être effectués au plus près des forces. Les radiographies des plaques balistiques douteuses seraient ainsi envoyées au PNEB de Marseille pour des analyses plus approfondies.
Les premiers essais de ce système seront effectués dans les prochaines semaines. Ils «permettront de valider les performances et d’ajuster les paramètres nécessaires avant d’envisager un déploiement plus large», avance le SCA, pour qui ce projet marque «une avancée significative en matière de maintien en condition opérationnelle des plaques balistiques et contribue à optimiser la gestion des équipements de protection balistique».
Source:
www.opex360.com




