Le géant français pétrogazier TotalEnergies a annoncé jeudi un doublement de son bénéfice net au 2e trimestre, à 5,4 milliards de dollars (contre 2,7 milliards un an plus tôt), dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient. De quoi remettre sur la table le sujet de la taxation des profits des multinationales du pétrole et du gaz.
Publié le : 23/07/2026 – 13:59
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Après un début d’année euphorique, le géant français pétro-gazier TotalEnergies est de nouveau dans le viseur des partisans d’une surtaxe des superprofits pétroliers. Pour le deuxième trimestre consécutif, l’entreprise profite de l’envolée des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient. La multinationale française a publié ses résultats et annoncé avoir réalisé 5,4 milliards de dollars de bénéfices au second trimestre 2026, soit une progression de 102% par rapport au second trimestre 2025.
« Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars », s’est félicité le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué. Avec un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars sur l’ensemble du premier semestre, en progression de 73 % sur un an, TotalEnergies fait mieux que les 10,6 milliards de dollars enregistrés au premier semestre 2022, année du déclenchement de la guerre en Ukraine.
À gauche, on s’insurge, d’autres refusent le « Total bashing »
Ces chiffres relancent le débat sur une taxe sur les profits des multinationales du pétrole et du gaz, une industrie très polluante qui aggrave la crise climatique. Pétrole, gaz et charbon sont responsables à eux seuls des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Alors, ces bénéfices monstres engrangés par TotalEnergies, l’une des 20 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre au monde, ont évidemment fait réagir la classe politique.
« TotalEnergies n’aura jamais aussi bien “capturé” les bénéfices de guerre sur le dos des consommateurs », a ironisé jeudi sur X le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le député de gauche Éric Coquerel (LFI), tandis que la porte-parole du gouvernement français et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, a répété qu’elle refuserait « toujours de rentrer dans le “Total bashing” ».
« Il y a une urgence à faire payer les pollueurs »
Du côté des ONG, c’est la colère qui prime. Fanny Petitbon, responsable France de 350.org, s’insurge : « C’est l’indécence totale. On a une France qui suffoque sous la canicule, qui est ravagée par les feux de forêt, et pendant ce temps on a TotalEnergies qui engrange des bénéfices record depuis le début de l’année, sans avoir à payer de taxes supplémentaires. » Entre avril et juin, la production de pétrole et de gaz de TotalEnergies a progressé de plus de 4 % sur un an grâce à la montée en puissance de projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye, qui ont « compensé pour partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient », selon l’entreprise, qui a augmenté de 5,9% les dividendes versés aux actionnaires en 2026.
Les ONG demandent une taxe sur les profits des industries pétrogazières. « Il y a une urgence à faire payer les pollueurs, pour financer les protections des populations, s’alarme Fanny Petitbon. À la fois ici en Europe mais aussi dans les pays du Sud qui font face aux pires impacts du changement climatique. Il y a deux opportunités : la loi de finances à la rentrée et les négociations internationales sur une convention fiscale des Nations unies qui pourrait enfin inscrire le principe de pollueur-payeur dans un traité mondial. »
Les négociations autour de ce traité doivent aboutir d’ici à 2027. Selon plusieurs ONG, une taxe de 20 % sur les plus grosses compagnies d’hydrocarbures au monde pourrait rapporter 100 milliards de dollars chaque année.
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Source:
www.rfi.fr




