Le nouveau Premier ministre, Peter Magyar – qui est en visite à Paris ce mercredi 3 juin 2026 – veut rétablir la démocratie dans son pays. Mais en employant parfois des méthodes qui ne sont pas sans rappeler celles de son prédécesseur.
Peter Magyar déploie aujourd’hui toute son énergie pour démanteler le système Orbán, dont il faisait encore partie il y a deux ans. Mais dans son empressement à tourner la page de seize années de pouvoir autoritaire, il s’est lancé dans un véritable bras de fer institutionnel. Après avoir mené des purges dans les médias publics, il vise désormais le président de la République, Tamás Sulyok, un fidèle de Viktor Orbán. Peter Magyar veut le pousser à la démission pour avoir accompagné, selon lui, les dérives antidémocratiques de l’ancien Premier ministre. Mais le président résiste. Peter Magyar brandit donc la menace d’une destitution en modifiant la Constitution grâce à sa majorité des deux tiers au Parlement. Il est vrai que le président hongrois dispose de pouvoirs essentiellement honorifiques. Mais c’est lui-même qui devrait signer l’amendement constitutionnel qui ouvre la voie à son départ.
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Inquiétudes à Bruxelles
D’après le site Politico, cette réforme constitutionnelle suscite des inquiétudes au sein de la Commission européenne. Mais, pour l’instant, on préfère rester discret et saluer officiellement le retour affiché de la Hongrie dans le camp européen. En guise de cadeau de bienvenue, l’Union européenne a promis de débloquer 16 milliards d’euros de fonds qui avaient été gelés sous Viktor Orbán, à condition que le nouveau gouvernement hongrois engage rapidement des réformes. Le temps presse : sans avancées concrètes d’ici au mois d’août, la Hongrie pourrait perdre définitivement ces fonds.
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Renouer avec la démocratie, l’exemple polonais
L’exemple polonais invite à la prudence. Le Premier ministre Donald Tusk peine à restaurer certaines institutions, car les gouvernements conservateurs du PiS ont pris soin d’y placer leurs partisans. Et parce que plusieurs de ses réformes – notamment dans le domaine de la justice – se heurtent au veto du président, proche du PiS. Donald Tusk a parfois tenté de passer en force, par exemple avec la réforme des médias publics ou le limogeage de l’ancien procureur national. Il s’expose ainsi à des accusations de contournement de l’État de droit, un angle d’attaque dont l’opposition se saisit volontiers. Sans compter que la société polonaise demeure profondément divisée.
La lune de miel entre l’UE et la Hongrie de Peter Magyar pourrait être de courte durée
L’une des principales raisons s’appelle l’Ukraine. Peter Magyar souhaite conditionner l’ouverture des négociations d’adhésion entre Kiev et l’Union européenne à de meilleures garanties pour la protection de la minorité hongroise vivant en Ukraine. S’il se dit maintenant prêt à rencontrer le président Volodymyr Zelensky, il maintient son opposition à toute livraison d’armes à ce pays, attaqué par la Russie depuis plus de quatre ans. Et sur la question migratoire, Peter Magyar conserve la ligne dure de son prédécesseur. À bien des égards, une fois la « Magyar-mania » retombée, cette nouvelle Hongrie pourrait donc se révéler un partenaire plus compliqué qu’espéré.
Source:
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