Briefing des ambassadeurs dans le Conseil de sécuritéde hauts responsables du quartier général et sur le terrain ont averti que les missions de maintien de la paix sont soumises à des pressions croissantes, car les contraintes financières, l’évolution de la dynamique des conflits et l’augmentation des risques opérationnels mettent à l’épreuve leur capacité à protéger les civils et à maintenir des acquis fragiles.
« Nos opérations de maintien de la paix doivent continuer à être flexibles et adaptables », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix, soulignant que les missions restent un outil essentiel pour aider les pays à sortir d’un conflit vers une paix durable.
Pourtant, ce rôle devient de plus en plus difficile à remplir.
Pénurie de financement et angles morts
Les missions de maintien de la paix ont été confrontées à « d’importants défis financiers » au cours de l’année écoulée, ce qui a donné lieu à des mesures d’urgence qui affectent déjà les performances sur le terrain, a-t-il déclaré, avertissant que les coupes budgétaires limitent la capacité des missions à mener à bien leurs mandats essentiels, notamment la protection des civils et la sécurité du personnel de l’ONU.
La fermeture des bases et la réduction du soutien aérien ont affaibli la connaissance de la situation et les systèmes d’alerte précoce, « créant des angles morts, limitant les interventions proactives et le déploiement rapide dans les points chauds ».
M. Lacroix a exhorté les États membres à payer leurs contributions « intégralement et à temps », soulignant que des ressources prévisibles sont essentielles au fonctionnement efficace des missions.
Les soldats de la paix de la MINUSCA apportent leur soutien lors des élections en République centrafricaine en décembre 2025.
Des progrès « inégaux et fragiles » en République centrafricaine
Sur le terrain en République Centrafricaine (RCA), Les soldats de la paix de l’ONU ont contribué à maintenir une période de relative stabilité après les élections de décembre 2025qui se sont déroulées en grande partie de manière pacifique.
Lieutenant-général Humphrey Nyone, commandant de la force de la mission de l’ONU sur place (MINUSCA), a déclaré que le pays est entré dans une « phase de consolidation post-électorale », avec une sécurité améliorée dans plusieurs régions.
Mais il a prévenu que la situation restait « inégale et fragile ».
Dans certaines parties du nord-est et du sud-est, les groupes armés continuent de mener des attaques, notamment des enlèvements et de graves violations des droits humains. L’instabilité est également alimentée par les retombées du conflit au Soudan voisin, les mouvements transfrontaliers d’éléments armés et de civils déplacés augmentant la pression sur des communautés déjà vulnérables.
Dans le même temps, le déficit de financement entrave la capacité de la MINUSCA à réagir efficacement.
Abyei : stable mais précaire
Une image similaire se dessine à Abyei – la zone contestée et riche en pétrole à cheval entre le Soudan et le Soudan du Sud – où les soldats de la paix de l’ONU opèrent dans des conditions particulièrement difficiles.
Le général de division Ganesh Kumar Shrestha, commandant de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), a décrit la zone comme « relativement stable » – mais a souligné que cette stabilité n’était « ni automatique ni auto-entretenue ».
Au contraire, il est maintenu grâce à un engagement constant, des patrouilles et une coordination avec les communautés locales.
Des violences mineures, notamment des affrontements intercommunautaires, des vols de bétail et des activités criminelles, continuent de présenter des risques, tandis que la présence de groupes armés non autorisés viole les accords existants.
La situation a été encore compliquée par la guerre au Soudan, qui a perturbé les processus politiques et accru l’insécurité dans la région frontalière.
Un hélicoptère de maintien de la paix de l’ONU survole un village d’Afrique de l’Ouest.
De nouvelles menaces émergent
La guerre des drones liée au conflit soudanais a déjà causé des pertes aux Nations Unies ailleurs et contraint la FISNUA à abandonner des positions clés, notamment une base logistique.
Ces développements ont soulevé de sérieuses questions sur la manière dont la mission peut continuer à surveiller et sécuriser la zone démilitarisée.
Dans toutes les missions, les responsables de l’ONU ont souligné la nécessité d’adapter le maintien de la paix à un environnement de sécurité en évolution rapide.
Même si les missions utilisent de nouvelles technologies, comme les drones et l’imagerie satellitaire, pour améliorer la connaissance de la situation et la protection des forces, « la technologie à elle seule n’est pas une solution », a déclaré M. Lacroix.
Les missions ont besoin d’un personnel suffisant et formé, d’une planification intégrée et de ressources durables.
Appel à un engagement mondial
En fin de compte, les responsables de l’ONU ont souligné que le l’efficacité du maintien de la paix dépend non seulement des améliorations opérationnelles, mais aussi de la volonté politique.
« La crédibilité collective des Nations Unies dépend de sa capacité et de sa détermination à agir lorsque des civils sont en danger », a déclaré M. Lacroix.
« Sans le soutien soutenu et sans équivoque de ce Conseil, nos missions ne peuvent pas remplir les mandats qui leur ont été confiés, ni soutenir pleinement les processus politiques au cœur d’une paix durable,» a-t-il ajouté.
Source:
news.un.org






