La France continue sa progression sur le podium de l’ignominie en enregistrant un nouveau record de surpopulation carcérale. Au 1er février, les prisons françaises comptaient 86 645 détenus, selon des données du ministère de la Justice consultées par l’AFP, pour seulement 63 289 places opérationnelles. Ce qui établit le taux de densité carcérale à 136,9 %. Cette surpopulation oblige 6 596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 il y a un an (+ 47 %).
Les prisons françaises comptent 5 046 détenus de plus (+ 6,18 %) en un an, pour seulement 1 643 places opérationnelles supplémentaires. Cette surpopulation concerne principalement les maisons d’arrêt (167 % de densité carcérale), où sont incarcérés les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines.
La densité carcérale dépasse les 200 % dans 25 établissements pénitentiaires français. Seules la Slovénie et Chypre présentent une situation plus préoccupante en Europe, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l’Europe.
Construire plus, pour enfermer plus
Pour vaincre cette surpopulation carcérale, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin annonçait une réponse simple, début janvier : construire plus de prisons, mais pirouette audacieuse, sans réguler le nombre de détenus. Ainsi, son ministère compte ouvrir d’ici un an et demi 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires. Or sur un plan précédent, lancé en 2018, seules 4 500 des 15 000 places additionnelles prévues ont pour le moment été livrées, comme le reconnaissait le ministère l’été dernier.
Des voix s’élèvent pour que la France, à l’instar d’autres pays européens, s’engage en faveur de la régulation carcérale, c’est-à-dire un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties, pour éviter une surpopulation. Mais le garde des Sceaux a dit son opposition à une telle politique, à contre-courant des discours sur l’exécution des peines de détention et le « laxisme » de la justice.
Fin janvier, le Conseil de l’Europe a dénoncé l’état des prisons françaises, alertant sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt. Depuis 2013, la France a été condamnée à neuf reprises par la Cour européenne des Droits de l’homme pour ses conditions de détentions.
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