La Commission d’enquête sur la Syrie (COI) du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a annoncé vendredi avoir achevé une mission à Damas alors qu’elle se prépare à présenter un rapport au Conseil à Genève le 13 mars. La Commission a déclaré avoir pressé les autorités de transition syriennes de rendre des comptes, de réformer les institutions et de protéger la société civile dans un contexte de nouvelle volatilité régionale.
Les commissaires Monia Ammar et Fionnuala Ní Aoláin ont rencontré de hauts responsables syriens et diverses parties prenantes pour mettre l’accent sur « la transparence, la responsabilité, la réforme du secteur de la sécurité et l’engagement avec les communautés touchées » comme principales priorités de mise en œuvre de la transition. Le COI a également préconisé un « système juridique capable de traiter équitablement le passé » tout en s’attaquant aux « violations plus récentes », soulignant que la transition doit être définie par une « protection égale » des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
Les commissaires se sont déclarés encouragés par la croissance des organisations de la société civile syrienne, notamment des groupes revenant d’exil. Ils ont néanmoins souligné la persistance d’obstacles et de craintes, et ont préconisé des conditions qui permettraient à la société civile d’opérer « sans restriction ». La question juridique se pose de savoir si les autorités toléreront la documentation indépendante, le plaidoyer et la participation des victimes, qui sont des éléments nécessaires à une recherche crédible de la vérité, à la conception de réparations et à un contrôle institutionnel.
La COI a été créée par le Conseil des droits de l’homme en 2011 pour enquêter sur les violations présumées du droit international des droits de l’homme en Syrie depuis mars 2011, pour établir les faits et les circonstances pouvant constituer des violations et des crimes et, lorsque cela est possible, pour identifier les acteurs responsables afin de faire progresser la responsabilisation. Ce n’est pas un tribunal pénal et il ne poursuit pas lui-même. Son objectif est de documenter les preuves et de recommander des réformes, des réponses internationales et des voies vers la justice.
Le COI a explicitement lié la légitimité transitionnelle à la possibilité pour la société civile d’opérer « sans restriction », reflétant une réalité juridique selon laquelle une responsabilité efficace dépend de la sécurité et de l’indépendance des acteurs non étatiques, en particulier lorsque les victimes et les témoins peuvent faire l’objet de représailles.
Le COI décrit les effets d’entraînement sur la Syrie de l’escalade régionale suite aux frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, y compris les victimes civiles dues aux chutes de débris des roquettes interceptées, et fait part de ses inquiétudes quant à « l’activité israélienne directe dans le sud de la Syrie » qui interromprait les efforts de stabilisation interne.
La déclaration met l’accent sur les devoirs fondamentaux de protection en vertu du droit international, tels que les obligations de protéger les civils et d’enquêter sur les dommages potentiellement illégaux.
Source:
www.jurist.org






