Violences systémiques dans le périscolaire : Emmanuel Grégoire sous pression pour son premier Conseil de Paris extraordinaire

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Cinq jours après le départ de Sophie Fady-Cayrel, directrice des affaires scolaires (Dasco) de la Ville de Paris, et alors que les mises en cause d’animateurs pour des suspicions de violences sexuelles se poursuivent, le nouveau maire de Paris convoque un Conseil de Paris extraordinaire. Emmanuel Grégoire compte ainsi soumettre, mardi 14 avril, au vote son « plan d’action » pour rétablir la confiance avec les familles.

Avec sa feuille de route annoncée début avril, chiffrée à 20 millions d’euros, l’édile socialiste, qui a fait du périscolaire la « priorité absolue » depuis sa prise de fonction, va devoir naviguer en pleine tempête, alors que les élus d’opposition devraient lui demander des comptes sur la politique municipale de ces dernières années.

Une « transparence totale »

Mi-février, la candidate de la France insoumise, Sophia Chikirou, avait estimé que « la Ville a fait n’importe quoi avec le recrutement dans le périscolaire ». Elle avait aussi pointé la « responsabilité » d’Emmanuel Grégoire, en charge des ressources humaines pendant trois ans et premier adjoint d’Anne Hidalgo, sous qui nombre d’affaires de violences ont éclaté, pendant six ans.

Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus – dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des écoles -, selon les chiffres dévoilés par Emmanuel Grégoire. Face à ce constat, l’édile a reconnu le caractère « systémique » de ces violences et fait part de ses « regrets ». Durant la campagne, le candidat socialiste avait promis aux familles concernées une « transparence totale », ainsi que la restitution de l’intégralité des conclusions des enquêtes administratives.

Son « plan d’action » présenté mardi prévoit quant à lui une simplification de la chaîne de signalement, avec une cellule d’écoute directement accessible. La ville entend aussi investir « massivement » dans la formation, en ouvrant une « école du périscolaire » pour professionnaliser la filière de l’animation, très précarisée. Et promet le réaménagement d’espaces « sensibles », comme les toilettes, pour éviter qu’un adulte se retrouve seul avec un enfant.

Dans un objectif affiché de « tolérance zéro », la suspension devrait être « automatique et immédiate » dès lors qu’il y a un signalement, a prévenu Emmanuel Grégoire. Sur le terrain, le syndicat Supap-FSU évoque quant à lui un « climat de suspicion généralisée et d’arbitraire » et une « explosion des suspensions » alors que le secteur est « en sous-effectif permanent ».

Une « convention citoyenne sur les temps de l’enfant »

Le syndicat appelle les animateurs à une grève et à un rassemblement devant l’Hôtel de ville, au démarrage du Conseil de Paris. La Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) Paris organise quant à elle un rassemblement en fin d’après-midi, pour exiger un « calendrier clair » et des « transformations concrètes ».

Le nouveau maire socialiste s’engage aussi à mettre en place une « commission indépendante » pour établir un état des lieux « complet » et rendre des préconisations. L’élu socialiste compte aussi lancer une « convention citoyenne sur les temps de l’enfant », dont les conclusions seront remises en juin.

Les groupes d’opposition de droite ont déjà commencé à s’attaquer au plan d’Emmanuel Grégoire. « Il se planque derrière un prestataire extérieur pour se déresponsabiliser », estime ainsi Grégory Canal, coprésident avec Rachida Dati du premier groupe d’opposition, qui réclame une mission d’information et d’évaluation (MIE) transpartisane. Son groupe compte proposer lors du Conseil une mesure sécuritaire, à savoir l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’intérieur des 620 écoles, pour un montant global « inférieur à 10 millions d’euros », après une phase d’expérimentation, vante Grégory Canal, dans un entretien publié par le Parisien.

« Pendant des années, la ville a été dans un déni qui est allé jusqu’au mensonge, avec une opacité totale sur les dysfonctionnements », a pour sa part estimé Florence Berthout, maire Horizons du Ve arrondissement et coprésidente du groupe macroniste « Paris Apaisé ». Malgré la présentation d’autres mesures (contre la spéculation immobilière, la fraude et l’encadrement des loyers), l’avenir du périscolaire devrait donc se retrouver au centre de l’attention.

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Source:

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