Grégory Prats, pilote, tire un signal d’alarme après les incendies colossaux qui ont marqué les forêts françaises cet été. Il critique frontalement la façon dont l’État répartit les crédits destinés à la lutte contre les feux et affirme qu’« il y a un immense problème de priorisation de l’argent des Français ». Selon ses observations, la réduction de la capacité aérienne, notamment en matière de bombardiers d’eau, a réduit l’efficacité d’une première riposte cruciale.
Le propos porte sur la disponibilité opérationnelle des appareils et sur la stratégie de protection civile : Prats souligne que la présence d’un nombre plus élevé de bombardiers aurait permis d’agir plus rapidement sur certains foyers encore localisés. Il rapporte également que, comparativement à la décennie précédente, la flotte dédiée à l’extinction aurait diminué, position qu’il met en relation directe avec la sévérité des épisodes observés cet été. Ces constats ne visent pas seulement la quantité d’appareils, mais aussi leur entretien, leur répartition territoriale et la capacité à les mobiliser en coordination avec les équipes au sol.
La critique articule des enjeux techniques et budgétaires. Sur le plan technique, les avions de type Canadair offrent une première capacité d’attaque aérienne qui peut limiter la propagation rapide d’un feu, en complément du travail des sapeurs et des services forestiers. Sur le plan budgétaire, la question est celle des arbitrages : affecter des ressources à la dotation et à la maintenance des moyens aériens ou privilégier d’autres postes de dépense. Le témoignage du pilote met en lumière un choix de politiques publiques dont les conséquences sont tangibles lorsque les conditions climatiques et humaines favorisent la dissémination du feu.
Au-delà de la critique, la prise de parole appelle à une clarification des priorités de sécurité civile et à un débat public sur les investissements nécessaires pour prévenir des épisodes comparables. Les commentaires de Grégory Prats repositionnent la discussion sur la protection des territoires et des populations : ils invitent les décideurs à réévaluer l’équilibre entre capacités aériennes et moyens terrestres afin d’améliorer la résilience face aux incendies à venir.




