Exclue en 2019 du programme F-35 après l’achat de systèmes russes S-400, la Turquie, partenaire du projet depuis 2002, espère désormais obtenir les chasseurs américains après l’ouverture affichée par Donald Trump, malgré les obstacles juridiques liés aux sanctions américaines.
Le président américain Donald Trump a affirmé ce mardi qu’il allait « examiner » la possible vente de chasseurs F-35 à la Turquie après avoir exclu Ankara en 2019 de ce programme en raison de l’acquisition d’un système russe de défense.
« C’est un excellent avion, de loin le meilleur, et c’est certainement quelque chose que nous allons examiner », a déclaré le président américain aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Si la Turquie finissait par obtenir l’avion de combat américain, ce serait une grande victoire pour Ankara. Car la question des F-35 empoisonne les relations entre les deux pays depuis plusieurs années. La Turquie est un partenaire historique du programme américain Joint Strike Fighter depuis 2002 qui développe un chasseur multirôle de cinquième génération destiné à remplacer plusieurs types d’avions américains et alliés. Ce programme a abouti au développement du F-35 Lightning II.
Ankara qui participait à la production de plusieurs centaines de composants de l’appareil prévoyait d’acquérir en 2007 jusqu’à 116 F-35, dont une première commande de 30 exemplaires, pour moderniser sa flotte de chasseurs.
Mais la relation s’est tendue entre les deux pays 10 ans plus tard après la décision de la Turquie d’acheter à la Russie des systèmes de défense antiaérienne S-400. Un contrat signé en 2017 dont les premières livraisons ont commencé en juillet 2019. Les États-Unis estimaient que le déploiement simultané des S-400 et des F-35 risquait de permettre à la Russie de recueillir des données sensibles sur les capacités furtives de l’avion américain. Washington avait alors sommé Ankara de choisir entre les deux systèmes.
1,4 milliard de dollars déjà versés par Ankara
« La décision de la Turquie d’acquérir des systèmes de défense aérienne russes S-400 rend impossible la poursuite de son programme F-35, avait alors déclaré la Maison Blanche. Le F-35 ne peut coexister avec une plateforme de renseignement russe qui servira à découvrir ses capacités avancées. »
En juillet 2019, la première administration Trump a donc exclu la Turquie du programme F-35, suspendu les livraisons d’appareils et mis fin à la participation de l’industrie turque à la chaîne de production. Les États-Unis ont ensuite imposé des sanctions à Ankara en raison de l’acquisition des S-400. Elles comprenaient notamment une interdiction de nouvelles licences d’exportation américaines et des sanctions individuelles contre plusieurs de ses dirigeants.
Depuis, le président Recep Tayyip Erdogan réclame régulièrement le retour de son pays dans le programme ou, à défaut, une compensation financière pour les quelque 1,4 milliard de dollars déjà versés par Ankara.
Les discussions se sont ensuite concentrées sur la vente de F-16 modernisés, avant que Donald Trump ne rouvre ces dernières semaines la perspective d’un retour des F-35. Cette hypothèse reste toutefois conditionnée par la législation américaine, qui interdit en l’état toute vente tant que la Turquie conserve les systèmes S-400 russes.
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