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France-Paraguay: "match compliqué à gérer", but en or… Dans les coulisses de la victoire des Bleus en 1998

Le 28 juin 1998, l’équipe de France venait à bout du Paraguay grâce à un but de Laurent Blanc à la 114e minute. Un but en or et une rencontre revisitée par plusieurs acteurs de cette partie restée dans la légende.

L’avant-match

Les Bleus sont sortis quasiment sans heurts de la phase de poule. Ils battent l’Afrique du Sud (3-0), l’Arabie saoudite (4-0) et le Danemark (2-1). Mais ils ont perdu au passage Zinédine Zidane pour le Danemark et le huitième de finale face au Paraguay à cause d’une semelle sur un Saoudien. Avec deux matchs nuls (0-0) face aux Bulgares et aux Espagnols, puis un succès face aux Nigérians (3-1), les Paraguayens éliminent les Ibériques pour sortir deuxième de la poule D. Une surprise. L’homme-clé de leur défense de fer: l’ange-gardien Jose Luis Chilavert. « On s’est dit attention », se remémore Lionel Charbonnier, troisième gardien tricolore. « Sur le nom, ce n’est pas une nation exceptionnelle mais tout de suite on s’est dit ‘c’est pas facile’. Ça pue. Il y avait Chilavert qui n’arrêtait pas de faire des miracles. Ils avaient deux joueurs hyper rapides devant. Il va faire chaud à Lens et le Paraguay a l’habitude de ces fortes chaleurs. » le 28 juin 1998, devant les 31.000 spectateurs du stade Bollaert, les Bleus ont très chaud, au propre comme au figuré.

La rencontre

Un match tendu, énervant. Voilà les mots de Christophe Dugarry, bloqué sur le banc. Défense à cinq, les flèches Jose Cardozo et Miguel Angel Benitez devant, Chilavert en mode muraille et soleil de plomb: ce huitième de finale a des allures de traquenard. « Tu ne peux pas perdre contre le Paraguay », pense Dugarry, blessé ce jour-là. « La compétition commençait maintenant. Il n’y aurait rien eu de pire que de perdre là. » Les Bleus assomment Chilavert de frappes, Thierry Henry trouve le poteau. Rien ne passe. « Physiquement et nerveusement ça a peut-être donné le match le plus compliqué à gérer », pense Emmanuel Petit. « On était ultra-dominant mais on avait un mal fou à percer ce coffre-fort. Il y avait de la roublardise, du vice. C’était un combat perpétuel pour gagner chaque duel, ils étaient à deux sur chaque ballon. Il y avait une volonté de nous faire péter les plombs. » Zéro carton pour les joueurs d’Aimé Jacquet, cinq pour Chilavert et sa bande. Après 90 minutes, toujours 0-0, le monde va découvrir le but en or.

La lumière de Laurent Blanc

Le onze de départ des Français n’a plus Emmanuel Petit, Bernard Diomède et Thierry Henry. Robert Pirès, Alain Boghossian et Stéphane Guivarc’h cavalent sous la fournaise lensoise. « Marcel Desailly, Didier Deschamps et Laurent Blanc étaient parmi ceux qui disaient ‘on ne se découvre pas, on ne fait pas n’importe quoi. On ne part pas à l’abordage’ », se remémore Lionel Charbonnier lors de la mi-temps. Pourtant, à la 114e minute, le joueur de l’OM ne va pas mettre ses actes en accord avec ses paroles. Laurent Blanc quitte la base arrière. « Il part et il s’en va sur le côté droit », décrit Charbonnier. « Il fait la passe et il continue, Marcel lui dit ‘Lolo reste!’ Le mec regarde Marcel et lui fait un signe complètement habité, du style ‘j’y vais!’ Laurent était sûr de son coup. »

Pirès hérite du ballon sur la droite, il lève sa balle, tête piquée de Trezeguet depuis le point de penalty dans les pieds de Blanc qui l’envoie au fond. Jose Luis Chilavert cède enfin. Au micro de Team Duga en 2020 sur RMC, l’intéressé pointait une erreur du sélectionneur brésilien du Paraguay. « A ce moment-là Carlos Gamara s’était démis l’épaule, elle sortait quasiment de son corps. Le Paraguay aurait dû faire un changement avec Catalino Rivarola. J’ai crié à Paulo Cesar Carpeggiani (le sélectionneur, NDLR) qu’il fallait changer et il m’a répondu ‘non non, il faut attendre’. Je pense que c’est l’erreur qui a permis à la France de gagner ce match. Car si on avait fait le changement, les minutes auraient filé et on aurait été aux tirs au but. D’autant qu’il faut avoir en tête que le public français était en train de quitter le stade car ils ne voulaient pas voir les tirs au but. » Un but pour la légende.

La suite

Laurent Blanc part dans un slalom pour fêter la qualification en quart de finale. Jose Luis Chilavert relève un à un ses coéquipiers effondrés sur la pelouse de Bollaert. Les corps sont épuisés, se rappelle Manu Petit. « C’est le premier match où je sors déshydraté, j’ai la bouche pâteuse, j’ai perdu 7 litres d’eau. » Les Français ont évité les tirs au but face à Chilavert. « On avait confiance en Fabien Barthez », rappelle ‘Charbo’. « Mais l’autre, c’était Dieu. Ses joueurs avaient une confiance terrible en lui donc ils avaient moins de pression au moment de tirer. Si on était à 80-20 pour gagner le match, ça s’inversait si on allait aux tirs au but. » Pas de tirs au but cette fois-ci. Les Bleus ne le savent pas encore. C’est face à l’Italie, le 3 juillet 1998, au Stade de France qu’ils devront aller au-delà des 120 minutes.

Morgan Maury avec Clément Brossard


Source:

rmcsport.bfmtv.com

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