Dans la salle À qui appartiennent ces œuvres ? du parcours permanent, le musée d’Orsay à Paris présente une sélection de 13 œuvres dites MNR (Musées nationaux Récupération), afin de rendre visible cet héritage complexe et d’en partager les enjeux. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, près de 60 000 œuvres spoliées ou acquises en France durant l’Occupation ont été récupérées en Allemagne et en Autriche. Les trois quarts ont pu être restitués à leurs propriétaires légitimes. Parmi les œuvres non réclamées après plusieurs années, plus de 2 200 ont été confiées à la garde des musées nationaux en 1950 : ce sont les MNR. Le musée d’Orsay conserve aujourd’hui 225 de ces œuvres. Certaines sont majeures, d’autres plus modestes, voire attribuées de manière incertaine. Si quelques-unes ont été identifiées comme non spoliées, la majorité présente encore des lacunes dans leur historique. Ines Rotermund-Reynard, chargée de recherche en provenance, musée d’Orsay, revient sur les nouvelles recherches de provenance qui sont actuellement menées afin de permettre d’éventuelles restitutions :
« Maintenant, nous sommes dans une enquête, dans une approche proactive pour connaitre la provenance des œuvres. Nous essayons de remonter les traces. Donc, évidemment, il faut rester réaliste on ne pourrait pas faire ça pour tout l’ensemble des œuvres appartenant au musée. Mais, dès qu’on a un signal, des indices qui montrent qu’il peut y avoir éventuellement une suspicion de spoliation, alors nous commençons l’enquête. C’est souvent pour accompagner les futures acquisitions. Donc ça, c’est vraiment nouveau. Je pense que ça s’est beaucoup renforcé par rapport à il y a encore 20 ans, où les acquisitions se faisaient plus facilement. Aujourd’hui, avant même d’acquérir une œuvre, il y a beaucoup de recherches en cours, pour vérifier qu’il ne s’agit pas soit d’une œuvre issue d’un trafic illicite, ou alors, le pire, d’une spoliation antisémite.”
Les brèves du jour :
Et dans le reste de l’actualité, la 37e cérémonie des Molière, récompensant les personnalités du monde du théâtre public et privé s’est tenu hier soir aux Folies Bergères à Paris : Le procès d’une vie inspiré de Gisèle Halimi et mis en scène par Barbara Lamballais a remporté trois statuettes, dont le Molière du Théâtre Privé. Pour le théâtre public c’est la pièce I will survive de Jean-Christophe Meurisse et Les Chiens de Navarre qui a reçu le plus de suffrages. La comédie musicale à succès La Cage aux folles mise en scène par Olivier Py est repartie avec 2 Molières : celui du spectacle musical et du comédien pour Laurent Lafitte. Elsa Lepoivre obtient elle la récompense de la meilleure comédienne. Par ailleurs, La CGT était la grande absente de la cérémonie : elle n’était ni dans la salle ni sur la scène. Le syndicat s’en est indigné dans un communiqué, accusant la production de vouloir « faire taire » les professionnels alors que le secteur « subit des coupes budgétaires », « depuis deux années ».Et pour finir, les prix Pulitzer ont été rendus ce lundi 4 mai : la prestigieuse récompense annuelle décernée par l’université Columbia à New-York a notamment distingué la fiction Angel Down de Daniel Kraus. Le New-York Times a reçu le prix du journalisme d’investigation pour sa couverture médiatique de l’administration de Donald Trump. Le prix récompensant le journalisme au service du public a été attribué au Washington Post pour ses articles sur les tentatives « chaotiques » de l’administration américaine de réformer la bureaucratie de l’État fédéral et le renvoi de milliers d’agents fédéraux qui s’en est suivie. La journaliste du Miami Herald Julie K. Brown a, quant à elle, reçu une mention spéciale pour ses enquêtes effectuées sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Source:
www.radiofrance.fr




