L’été, plus il fait chaud, plus le glaçon dans votre verre fond vite. Sur le même principe, les glaces des pôles devraient fondre de plus en plus avec le réchauffement climatique. Les scientifiques l’observent en Arctique. Mais pendant des décennies, l’Antarctique a résisté. La banquise s’est même étendue. Et ça a nourri les discours de déni.
Le volume de glace de l’Antarctique augmente ! Une réfutation du réchauffement climatique ?
On explique régulièrement que le réchauffement climatique fait fondre les calottes polaires et donc fait diminuer les volumes de glace sur les terres émergées, notamment l’Antarctique et le Groenland, tout en contribuant à faire monter le niveau des océans. Mais alors, que conclure de la découverte annoncée d’un augmentation du volume de la glace depuis quelques années en Antarctique ? Cela contredit-il les thèses du Giec sur le réchauffement climatique ?… Lire la suite
La glace de l’Antarctique commence à reculer. Depuis, les climatologues et autres glaciologues cherchent à comprendre ce qui a provoqué ce retournement. Une équipe internationale menée par l’Université de Southampton (Royaume-Uni) pointe désormais non pas un événement déclencheur ni même deux, mais bel et bien trois !
Trois mécanismes à l’œuvre
« Depuis une dizaine d’années, l’Antarctique subit une transformation majeure », estiment les chercheurs. Ils en décrivent les causes dans la revue Science Advances.

Les scientifiques s’inquiètent : l’Antarctique entre dans une zone à risque qui pourrait tout accélérer
Quelque 150 milliards de tonnes de glace qui fondent chaque année. C’est le scénario de réchauffement qui se joue en ce moment même en Antarctique. Notre « meilleur » scénario. Mais que se passerait-il si nous basculions vers le pire ?… Lire la suite
Le processus semble avoir débuté vers 2013. Des vents plus forts, alimentés par le réchauffement climatique d’origine humaine, ont commencé alors à faire accumuler et remonter vers la surface des eaux chaudes et salées jusqu’alors confinées dans les profondeurs de l’océan Austral, les eaux profondes circumpolaires.
Antarctic sea ice has a plumbing problem. A PNAS study used under-ice floats to show stored ocean heat can stay trapped, then vent upward when winds and freshwater change. Around 2014-2016, upwelling rates nearly tripled. pic.twitter.com/AumWQ9Yx0z
— Ben Rzy (@benrzy) May 5, 2026
En 2015, le brassage s’intensifie. La chaleur accumulée en profondeur se mélange à la couche superficielle de l’océan, accélérant la fonte de la banquise. Notamment dans un Antarctique oriental jusque-là relativement épargné.
Depuis 2018, c’est le cycle infernal, le cercle vicieux. Avec moins de glace, l’océan conserve plus facilement sa chaleur et sa salinité, ce qui freine la formation de nouvelle glace.

Des scientifiques, sous la direction de l’université de Southampton (Royaume-Uni), ont embarqué à bord d’un navire de recherche pour étudier l’effondrement de la banquise antarctique. © Université de Southampton
L’océan Austral, de meilleur allié à pire ennemi
Les chercheurs relèvent aussi une nette différence entre les régions polaires. En Antarctique oriental, la fonte serait principalement pilotée par l’océan, via la remontée d’eaux profondes plus chaudes. En Antarctique occidental, en revanche, la chaleur aurait été piégée près de la surface par une forte couverture nuageuse, elle-même associée à l’arrivée d’un air chaud venu des subtropiques.

Une fonte de l’Antarctique il y a 100.000 ans a provoqué une élévation de 3 m de l’océan
Le réchauffement climatique est en cours. Et la question de la réaction de l’Antarctique reste entière. Sans même avoir eu besoin de forer les glaces en profondeur, des chercheurs y apportent aujourd’hui quelques précisions. Selon eux, lors du dernier réchauffement de notre Planète, l’Antarctique a fondu et contribué à une hausse du niveau des mers d’au moins trois mètres. … Lire la suite
Ces conclusions sont d’autant plus ennuyeuses qu’une fonte durable et massive de la banquise antarctique aurait plusieurs conséquences dont personne ne veut :
les températures augmenteraient plus, car la glace joue normalement le rôle de miroir en renvoyant une partie du rayonnement solaire vers l’espace ;les températures augmenteraient aussi plus vite, car les courants océaniques mondiaux pourraient être déstabilisés ;la montée du niveau des mers pourrait s’accélérer, non pas à cause de la banquise elle-même, mais parce que l’affaiblissement des plateformes de glace faciliterait l’écoulement des glaciers vers l’océan.
« Si la faible couverture de glace de mer persiste jusqu’en 2030 et au-delà, l’océan pourrait passer d’un stabilisateur du climat mondial à un nouveau moteur puissant du réchauffement climatique », préviennent les chercheurs.
Source:
www.futura-sciences.com




