Tonte du dimanche, arrosage quotidien,
gazon qui jaunit dès juillet malgré tous les efforts: la pelouse
classique est l’une des corvées les plus chronophages du jardin.
Une alternative existe, elle coûte le prix d’un café, et des
milliers de jardins ont déjà fait la bascule.
Elle est souvent cataloguée comme mauvaise herbe. Erreur. Ce
couvre-sol discret est en réalité l’une des alternatives les plus
malines au gazon traditionnel: il s’étend à une vitesse fulgurante,
forme un tapis dense et moelleux agréable pour marcher pieds nus,
et ne dépasse naturellement pas 5 à 15 cm de hauteur. Traduction
concrète: la tondeuse peut enfin prendre sa retraite au fond du
garage. Définitivement et pour notre plus grand bonheur.
Côté arrosage, la différence est vertigineuse. Une
pelouse classique réclame entre 15 et 20 litres d’eau par mètre
carré chaque semaine en période de chaleur. Ce petit couvre-sol,
lui, ne se contente de presque rien: ses feuilles serrées forment
une ombre permanente sur le sol qui bloque l’évaporation, et ses
racines plongent chercher l’humidité en profondeur. Le résultat?
Même en plein mois d’août caniculaire, il ne jaunit pas et reste
d’un jolie vert pomme. Tout ça sans qu’on ait eu à lever le petit
doigt.
Une usine à engrais caché sous terre
Ce que peu de gens savent, c’est qu’il travaille aussi en
souterrain. Ses racines abritent des bactéries qui captent l’azote
de l’air et le restituent directement au sol, une sorte d’engrais
naturel et gratuit, en circuit fermé. Pas besoin de produits
chimiques, pas de coûts annexes: le jardin se nourrit tout seul et
partage même en supplément ses apports avec les végétaux voisins.
La plante en question ? Le trèfle blanc nain,
Trifolium, de son nom scientifique vendu en jardinerie
pour moins de 5 €. Une petite légumineuse rampante
aux feuilles rondes en trifolié et aux délicates petites fleurs
blanches, que l’on croise partout dans la nature sans jamais
vraiment la regarder.
Pour semer, la méthode est simple et ne demande qu’une
après-midi. On griffe légèrement la terre aux endroits clairsemés,
on mélange les graines à du sable fin pour une bonne répartition
homogène, on sème à la volée, on tasse avec le dos d’un râteau et
on maintient légèrement humide pendant une quinzaine de jours. Plus
besoin d’être un
jardinier confirmé ! Le mois d’avril est le moment de l’année
propice pour s’adonner à ce petit moment jardinage. La terre se
réchauffe et les pluies printanières font une bonne partie du
travail.
La bonne nouvelle de la saison
Un sachet, une seule intervention au départ, et ensuite: plus
rien (ou presque). Deux ans après avoir fait le choix du trèfle, le
bilan est sans appel. La facture d’eau a été divisée par quatre.
Une fois bien installé, le trèfle nain se montre en effet bien
moins gourmand qu’un gazon classique, avec des essais évoquant
jusqu’à 20 à 50 % d’arrosage en moins.
Ce couvre-sol au prix dérisoire transforme non seulement la
façon d’entretenir un extérieur, mais aussi la façon de l’habiter:
plus légèrement, plus sereinement. Un
jardin qui se gère tout seul et une facture d’eau qui fond
comme la neige au soleil. Le dimanche matin retrouve enfin ce qu’il
n’aurait jamais dû perdre: le silence.
Source:
www.bibamagazine.fr




