Dissuasion nucléaire, échanges d’informations et déploiements d’avions… que retenir des annonces d’Emmanuel Macron et de Donald Tusk ?

1776711618 332 image

Emmanuel Macron et Donald Tusk ont scellé lundi à Gdansk un renforcement majeur de la coopération entre Paris et Varsovie. Ce sommet, axé sur la défense, prévoit des avancées sur la dissuasion nucléaire française et un accord industriel pour un satellite militaire. Les deux pays affichent leur unité face aux enjeux de sécurité européens.

Ce qu’il faut retenir

Emmanuel Macron et Donald Tusk ont relancé lundi à Gdansk la coopération militaire entre la France et la Pologne. Ce sommet est la première application du traité d’amitié signé le 9 mai 2025 à Nancy, plaçant Varsovie parmi les alliés majeurs.

Paris et Varsovie envisagent des avancées concrètes sur la dissuasion nucléaire d’ici l’été : exercices conjoints, échanges d’informations et déploiements d’avions français en Pologne. Un accord industriel pour un satellite militaire a été signé.

En marge de la défense, Emmanuel Macron soutient la candidature d’EDF pour la seconde centrale nucléaire polonaise. Sur le plan diplomatique, les deux dirigeants saluent le retour de la Hongrie dans le camp pro-européen après la chute de Viktor Orban.

Dissuasion nucléaire, satellites militaires, industrie de défense : les dirigeants pro-européens Emmanuel Macron et Donald Tusk ont donné lundi à Gdansk, dans le nord de la Pologne, un nouvel élan à la coopération franco-polonaise.

« Il y aura des travaux d’ici à l’été qui permettront d’avancer sur les avancées concrètes » dans le domaine de la dissuasion nucléaire, a déclaré à Gdansk Emmanuel Macron.

« Dans les choses que nous allons évidemment considérer, il y a l’échange d’informations, il y a des exercices conjoints, il peut y avoir des déploiements » d’avions français porteurs de l’arme nucléaire en Pologne, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre polonais Donald Tusk.

« Une coopération qui ne connaît aucune limite »

Paris et Varsovie vont également discuter d’un appui des forces conventionnelles polonaises à la dissuasion française dans les domaines de « la défense sol-air, la longue portée, les systèmes d’alerte avancée et le spatial », a-t-il encore dit.

Selon le chef du gouvernement polonais, « notre coopération, qu’il s’agisse du domaine nucléaire ou des exercices conjoints est une coopération qui ne connaît aucune limite ».

Lors de la visite, un accord sur le développement d’un satellite géostationnaire de télécommunications militaires destiné aux forces armées polonaises a été également signé par les géants européens Airbus et Thales et le groupe polonais Radmor, en présence des ministres de la Défense française Catherine Vautrin et polonais Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, selon un communiqué commun des trois sociétés.

Outre la ministre des Armées, le président français était accompagné à Gdansk par les ministres des Affaires européennes, de l’Energie et de la Culture.

Dès son arrivée dans cette ancienne cité hanséatique, le président français s’est rendu, comme ses prédécesseurs Charles de Gaulle en 1967 et François Mitterrand en 1989, au cimetière où reposent des soldats français morts en Pologne, notamment lors de la guerre de 1870 et des deux guerres mondiales.

Le sommet de Gdansk est la première traduction concrète du traité d’amitié et de coopération renforcée signé le 9 mai 2025 à Nancy (est de la France), qui a rehaussé la Pologne au niveau des principaux alliés de la France, dont l’Allemagne.

« Optimiste »

La Pologne a massivement investi ces dernières années dans la modernisation de ses forces armées. En 2026, ses dépenses militaires devraient dépasser 4,8 % du PIB, loin devant ses partenaires européens, faisant de son budget l’un des plus élevés de l’Otan.

Mais elle a surtout passé des « commandes pharaoniques de F35, hélicoptères d’attaque Apache, missiles Patriot et chars Abrams » américains, souligne un diplomate européen proche du dossier.

Le président nationaliste Karol Nawrocki, arguant d’une menace sur « l’indépendance » de son pays, s’oppose à la participation de la Pologne au programme Safe de l’UE synonyme de dizaines de milliards d’euros pour sa défense, alors que le gouvernement y voit une chance pour moderniser son armée et l’industrie.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre en Hongrie et une nouvelle ère en Europe

Et si la Pologne a retrouvé des élans pro-européens avec Donald Tusk, elle reste fondamentalement attachée à la relation avec les Etats-Unis.

Emmanuel Macron et Donald Tusk se sont aussi félicités du retour de la Hongrie dans le giron pro-européen après la défaite électorale du Premier ministre Viktor Orban, qui se posait en chef de file du camp illibéral et nationaliste dans l’UE.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron s’est déclaré « raisonnablement optimiste » sur la possibilité du déblocage du prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Avec le départ d’Orban, « c’est une nouvelle ère qui s’ouvre en Hongrie et une nouvelle ère en Europe », a-t-il ajouté.

Côté affaires, Emmanuel Macron a plaidé la cause du groupe français EDF dans l’appel d’offres pour une deuxième centrale nucléaire polonaise. « On sait faire de l’amont à l’aval du cycle », a-t-il insisté.

Le Premier ministre polonais a promis que « la France sera considérée comme l’un de nos partenaires les plus importants dans tous les projets majeurs ».

La France et la Pologne, aux liens culturels et historiques étroits, vont aussi annoncer une saison culturelle croisée en 2027. Le président français a également rencontré le dirigeant historique du syndicat Solidarité et prix Nobel de la Paix Lech Walesa.


Source:

www.midilibre.fr

Annonce publicitairespot_imgspot_img

Articles les plus populaires