AccueilÉconomieAfin de maintenir la production électrique dans la centrale du Bugey malgré...

Afin de maintenir la production électrique dans la centrale du Bugey malgré la canicule, l'Etat accorde une dérogation environnementale à EDF

Alors qu’une troisième période de canicule touche l’Hexagone depuis le 7 juillet, la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain, va bénéficier d’une dérogation environnementale afin de rejetter de l’eau plus chaude dans l’Isère et ainsi poursuivre sa production d’électricité. Plusieurs réacteurs ont été mis à l’arrêt depuis le début de l’été afin de rester sous les seuils d’échauffement réglementaires.

La centrale nucléaire du Bugey (Ain) va bénéficier jusqu’au 20 juillet d’une dérogation environnementale concernant les températures de ses rejets d’eau en raison de la canicule qui touche le pays depuis ce mardi 7 juillet, pour assurer « la sécurité du réseau électrique », malgré des impacts possibles pour l’environnement.

Bercy a publié samedi au Journal officiel un arrêté homologuant une décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) « modifiant de manière temporaire les limites de rejets thermiques applicables à la centrale nucléaire du Bugey ».

Cela signifie que la centrale nucléaire va pouvoir rejetter de l’eau plus chaude de 1 degré entre l’amont et l’aval, alors que son seuil réglementaire habituel est de 26 degrés. Cela, afin de pouvoir poursuivre son activité de production d’électricité. Sans cela, la centrale devrait limiter sa production afin de rester dans les clous. Ces dernières semaines, plusieurs réacteurs ont ainsi été arrêtés en France, au Bugey et dans la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) fin juin et de nouveau depuis ce vendredi 10 juillet.

Il s’agit ici d’une dérogation environnementale : les centrales nucléaires doivent respecter des seuils de température afin d’essayer de limiter les impacts sur la biodiversité en aval (poissons, amphibiens, végétaux, particulièrement touchés par les hausses de températures). Le fonctionnement des réacteurs, en revanche, n’est pas techniquement impacté par la hausse de température des cours d’eau aux niveaux actuels.

Des enjeux pour la biodiversité et la production électrique

Dans sa demande, « EDF propose une limite temporaire de 1°C en matière d’échauffement de l’eau du Rhône entre l’amont et l’aval de la centrale nucléaire pendant cette situation exceptionnelle, assortie d’un programme de surveillance renforcée de l’environnement en rapport avec ces rejets ». La présente décision « est applicable jusqu’au 20 juillet 2026 inclus », précise l’arrêté, conformément à la demande d’EDF.

Les 57 réacteurs français, qui assurent environ 70% de la production d’électricité, sont tous installés au bord d’un fleuve ou de la mer afin d’utiliser leur eau pour leur refroidissement. Pour réduire l’impact sur les écosystèmes aquatiques, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe pour chaque site des limites de température et d’échauffement des cours d’eau : selon nos informations, elle est de 26 degrés au Bugey (sur l’Isère) et de 28 degrés au Tricastin (sur le Rhône) et à Golfech (sur la Garonne).

EDF a adressé mercredi une demande de modification temporaire des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire, « afin d’assurer la sécurité du réseau électrique », indique l’arrêté. L’énergéticien a invoqué « une situation exceptionnelle », en l’occurrence la vague de chaleur qui touche le pays, pour modifier temporairement certaines prescriptions, comme le permet une disposition du code de l’environnement, pour « la poursuite du fonctionnement d’une installation nucléaire de base ».

« En l’absence de modification temporaire des limites actuelles pour les rejets thermiques de la centrale nucléaire du Bugey, EDF devrait diminuer la production électrique des réacteurs, voire arrêter leur fonctionnement, afin de limiter l’échauffement du Rhône », précise-t-on de même source.

« Le maintien à un niveau minimum de production électrique des réacteurs n° 4 et n° 5 (…) requis par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) jusqu’au 20 juillet 2026 constitue, au regard de la sécurité du réseau électrique, une nécessité publique confirmée par le ministère chargé de l’énergie » par un courrier en date de jeudi, selon l’arrêté.

Déjà des dérogations par le passé lors de canicules

Ces dérogations ne sont pas nouvelles et interviennent désormais régulièrement lors des périodes de canicules. En juillet 2022, alors que la France a été touchée par une forte canicule ayant provoqué d’importants feux de forêt en Gironde et en Bretagne, au moins quatre centrales nucléaires françaises en bord de fleuve ont été concernées par des dérogations au code de l’environnement (Bugey, Golfech, Bayais et Saint-Alban, qui fonctionnent en circuit dit « ouvert » – ou semi-ouvert – qui rejette de l’eau plus chaude et en plus grande quantité que les centrales à circuit « fermé »).


Source:

www.bfmtv.com

Articles similaires

Annonce publicitairespot_imgspot_img