On pense souvent que ce sont surtout les personnes âgées qui se font piéger par le phishing ou d’autres escroqueries en ligne ou par téléphone. Mais selon une nouvelle étude de Bancontact/iVox, nos adolescents cliquent en fait massivement sur le moindre lien qui leur promet des cadeaux ou des avantages quelconques, alors qu’ils sont persuadés de pouvoir reconnaître facilement les arnaques. Leur vulnérabilité est telle que le besoin de les accompagner est bien réel.
Source: Bancontact, HLN
On a parfois l’impression d’être submergés de faux messages, de faux appels et d’autres tentatives d’arnaque en tout genre. En Belgique, on estime que 739.000 personnes ont été victimes de fraude au paiement l’année dernière. La perte moyenne par victime dans notre pays est de 3.950 euros, soit nettement plus élevée que la moyenne européenne de 2.360 euros.
Pour comprendre qui tombe le plus souvent dans le piège, Bancontact et iVOX ont mené une étude comparative auprès de 1.000 adultes et de 300 adolescents âgés de 12 à 17 ans. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer d’emblée, plus la tranche d’âge est élevée, plus les réactions face à une tentative d’arnaque sont en fait appropriées.
Les jeunes, des proies trop confiantes
C’est contre-intuitif, car les adolescents actuels sont nés avec un smartphone en main. Ces “digital natives” ont toujours vécu dans un monde interconnecté et saturé de technologies numériques. Ce qui les rend en fait beaucoup trop confiants dans leurs capacités à en éviter les pièges. Alors que 67 % des adolescents pensent pouvoir reconnaître une arnaque, 63 % admettent aussi avoir déjà cliqué sur un lien en se disant ensuite qu’ils n’auraient pas dû le faire.
Impulsifs face à une offre alléchante, ils sont aussi beaucoup trop confiants: 21 % des jeunes seulement déclarent qu’ils ignoreraient un lien de concours reçu d’un “ami”, alors que les tentatives de phishing se font passer de plus en plus pour une personne proche afin d’endormir la méfiance des victimes. À titre de comparaison, 50 % des adultes interrogés assuraient qu’ils ignoreraient ce genre de message les incitant à participer à un concours.
Les faux concours sont l’un des moyens par lesquels les escrocs tentent de vous induire en erreur.
Ne rien dire aux parents
Même face à l’arnaque désormais classique du faux message de votre banque vous demandant un code reçu par SMS, seuls 50 % des jeunes de 12 à 17 ans adopteraient le bon réflexe : ignorer la demande ou contacter la banque via les canaux officiels.
Face à un faux e-mail concernant un paiement prétendument échoué pour un service de streaming, seuls 35 % des adolescents réagissent correctement, contre 87 % des plus de 55 ans. Pour un QR code envoyé par un vendeur via une plateforme de seconde main bien connue, ce taux est de 37 %, contre 79 % pour leurs aînés.
Une grande partie des jeunes (29 %) pense que la banque bloquera de toute façon les transactions frauduleuses, ce qui nourrit encore un faux sentiment de sécurité. Beaucoup d’entre eux préféreraient d’ailleurs garder le silence s’ils devenaient malgré tout victimes d’une arnaque: 37 % n’oseraient pas en parler à leurs parents, un chiffre qui atteint même 45 % chez les jeunes francophones. Ceux-ci sont aussi plus imprudents que les Flamands du même âge: ils sont 40 % à cliquer sans réfléchir sur une grosse réduction, contre 20 % au nord du pays.
“Les gens se sentent parfois stupides lorsqu’ils deviennent victimes. Mais en face, il y a une organisation professionnelle, pas deux personnes dans une cave”, rappelle Gert-Jan Ceyssens de Bancontact Company.
Une première carte avant 14 ans
Près de la moitié des adolescents possèdent déjà leur propre carte bancaire avant l’âge de 14 ans. Mieux vaut donc commencer à les sensibiliser suffisamment tôt aux risques que cela implique. Les jeunes eux-mêmes en sont demandeurs, souligne l’étude: ils sont 88 % à penser qu’ils devraient recevoir des conseils ou une courte formation lorsqu’ils obtiennent leur premier moyen de paiement. Et ce, en partant des bases, car 35 % d’entre eux seulement connaissent l’existence de Card Stop.
Comment compliquer la tâche des escrocs?
● Ne vous laissez pas presser: les escrocs créent souvent une fausse urgence, par exemple en évoquant un compte « bloqué » ou une offre valable pour une durée extrêmement limitée. Prenez du recul et réfléchissez avant de cliquer sur quoique ce soit.
● Vérifiez l’expéditeur: un logo connu ou le cadenas affiché dans votre navigateur ne suffisent plus. Contrôlez toujours l’adresse complète derrière un site web ou un e-mail.
● Ne partagez jamais vos codes: votre banque, itsme ou une application de paiement ne vous demandera jamais votre code PIN ou votre mot de passe par SMS, e-mail ou téléphone.
Protégez vos appareils: utilisez des mots de passe solides, activez l’authentification à deux facteurs, installez immédiatement les dernières mises à jour et téléchargez les applications uniquement via les canaux officiels.
● Restez dans un environnement de confiance: vous achetez quelque chose sur une plateforme de seconde main ? Payez via la plateforme elle-même. Les escrocs cherchent souvent à vous attirer vers WhatsApp ou vers un lien de paiement inconnu.
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Source:
www.7sur7.be




