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Andy Burnham, le « roi du Nord » favori pour succéder à Keir Starmer à Downing Street

Il se verrait bien bientôt à Downing Street, surtout après avoir été fraîchement élu député du Parti travailliste. Andy Burnham a bâti sa popularité sur son ancrage dans le Grand Manchester et se pose en porte-parole de « toutes les régions oubliées ». Ce maire travailliste de 56 ans, qui se décrit comme partisan d’un « socialisme pro-entreprises », fait figure de favori pour remplacer l’impopulaire Premier ministre du Royaume-Uni, qui a annoncé sa démission lundi 22 juin.

Il a franchi une étape clé en remportant facilement, devant l’extrême droite, l’élection législative partielle de Makerfield, dans son fief de la région de Manchester, ce qui lui permet de se lancer à la conquête du Parti travailliste et de Downing Street.

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« C’est la dernière chance pour changer » le parti, a répété vendredi Andy Burnham, devant ses soutiens rassemblés sur un terrain de foot, sport dont il est passionné. Tout sourire et décontracté en polo blanc sous le soleil, ce supporter d’Everton, club de Liverpool, s’est engagé à « tracer une nouvelle voie » pour le pays. Auparavant, dans un premier discours de victoire, il avait promis « l’équité pour les régions » que le pouvoir central à Londres a « négligées ».

Dans la course à la direction du Labour, sa troisième tentative pourrait être la bonne : il avait été candidat malheureux d’abord en 2010 face à Ed Miliband, puis en 2015 face à Jeremy Corbyn.

Combat pour obtenir des fonds

Son retour au Parlement de Westminster le contraint à abandonner la mairie du Grand Manchester, agglomération de 2,8 millions d’habitants qu’il a conquise en 2017 et où il a su se faire apprécier, se faisant réélire deux fois. Lui-même est un enfant de cette région au passé industriel : il a grandi dans une petite ville à mi-chemin entre Liverpool – où il est né – et Manchester.

Dans cette cité qui connaît depuis 2015 une croissance économique deux fois supérieure à la moyenne nationale, sa principale réussite est d’avoir amélioré les transports en commun, en replaçant sous contrôle public le système de bus pour l’intégrer dans un réseau de transports en commun avec trams et trains, à des tarifs abordables.

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C’est pendant la pandémie de Covid qu’il gagne son surnom de « roi du Nord », grâce à son combat visant à obtenir des fonds pour soutenir les entreprises et employés de cette région touchée par la crise.

Personnalité politique la plus populaire du pays (35 % d’opinions positives, selon l’institut YouGov), il s’est parfois opposé ouvertement à Keir Starmer, notamment lorsque ce dernier a réduit les aides sociales aux handicapés.

« Les quatre cavaliers de l’apocalypse britannique »

Reprenant vendredi des thèmes sur lesquels il a fait campagne, il a souhaité « une nouvelle dynamique de réindustrialisation » dans le pays et une « économie qui profite à tout le monde », estimant que la « théorie du ruissellement » ne marche pas. « Nous devons faire baisser les factures d’eau, d’énergie », a-t-il souligné.

Des sources proches d’Andy Burnham ont récemment indiqué au Guardian qu’il était favorable à certaines nationalisations, notamment dans la distribution d’eau où la principale compagnie, Thames Water, est en difficulté financière.

En janvier, il dénonçait « les quatre cavaliers de l’apocalypse britannique : dérégulation, privatisation, austérité et Brexit ».

Face à des marchés financiers inquiets, il s’est toutefois engagé à tenir les objectifs d’équilibre budgétaire fixés par l’actuelle ministre des Finances, Rachel Reeves.

Pour Andrew Fisher, ex-directeur de la politique du Labour sous Jeremy Corbyn, très à gauche, un gouvernement Burnham se traduirait par une « légère inflexion à gauche ». Mais pour le quotidien conservateur The Daily Telegraph, il y a avec lui une « probabilité effrayante de voir arriver une coalition de gauche radicale ».

Engagement politique après la répression de la grève des mineurs par Thatcher

Né le 7 janvier 1970, Andy Burnham est le fils d’un technicien des télécommunications et d’une réceptionniste médicale. Il entre au Labour à l’âge de 14 ans, « radicalisé », dit-il, par la grève des mineurs de 1984-1985, écrasée par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher.

Pendant sa jeunesse, il fait des études d’anglais à Cambridge et apprécie la bouillonnante scène musicale et culturelle de Manchester dans les années 1990, « Madchester ».

En 2001, il est élu député déjà dans l’agglomération de Manchester. Il est sous-secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur dans le gouvernement de Tony Blair, puis secrétaire en chef au Trésor sous Gordon Brown, pour devenir ministre de la Culture en 2008 et ministre de la Santé (2009-2010).

Cheveux sombres et lunettes assorties, il s’est fait tatouer sur le bras une abeille ouvrière, symbole de Manchester qui a pris une nouvelle dimension après l’attentat qui a endeuillé la ville en 2017, à la fin d’un concert d’Ariana Grande.

Il est marié depuis 2000 avec Marie-France van Heel, femme d’affaires d’origine néerlandaise rencontrée à l’université, avec qui il a eu trois enfants.

Avec AFP


Source:

www.france24.com

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