Demi-finaliste de la Coupe du monde 2022, le Maroc va essayer de viser encore plus haut lors de cette Coupe du monde 2026. Dans ses rangs, plusieurs tauliers dont Achraf Hakimi qui attend, durant la compétition, une importante décision judiciaire. Renvoyé en procès pour viol sur une jeune femme, l’attaquant du PSG réclame un non-lieu et connaîtra la décision de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles le 19 juin.
Les prochaines semaines s’annoncent intenses pour Achraf Hakimi. Le latéral de 27 ans, l’un des tauliers de l’équipe du Maroc, va tenter de porter les siens vers une nouvelle épopée historique à la Coupe du monde 2026. Lors de la dernière édition il y a près de quatre ans au Qatar, les Lions de l’Atlas avaient éliminé l’Espagne (0-0, 3 tab à 0) et le Portugal (1-0) avant de s’incliner en demi-finale face à la France (0-2).
Les joueurs de Mohamed Ouahbi, finalistes de la CAN 2025, ont hérité d’un groupe C à leur portée avec le Brésil, l’Écosse (20 juin, minuit) et Haïti (25 juin, minuit), et lanceront leur compétition dimanche à minuit face à la Seleçao.
Après ce premier match, c’est une autre échéance qui attend Achraf Hakimi, bien loin des terrains de football. Renvoyé en procès pour viol sur une jeune femme en février 2023, l’international marocain qui évolue au PSG a fait appel. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles doit rendre sa décision le 19 juin, pour confirmer ou infirmer la décision de la juge d’instruction.
De quoi est accusé Achraf Hakimi?
En février 2023, une jeune femme âgée de 24 ans s’est rendue au commissariat de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) en déclarant avoir été violée par le joueur dans la soirée du 25 février, à la veille du Classique entre l’OM et le PSG, pour lequel Hakimi était forfait. Elle ne souhaitait pas porter plainte, mais une enquête a été ouverte et le dossier a ensuite été confié au parquet Nanterre.
Achraf Hakimi et la plaignante se seraient rencontrés via Instagram un mois plus tôt, après qu’il a réagi à une story. L’enquête établit que le joueur lui propose à plusieurs reprises de se voir, en compagnie d’autres amis et dans un lieu public, pour faire connaissance, ce qu’elle décline. Avant, finalement, d’accepter un rendez-vous chez lui. La veille des faits dénoncés, ils conviennent de se voir pour « se relaxer », selon les éléments rapportés par l’enquête.
Où en est l’affaire sur le plan judiciaire?
Achraf Hakimi a été mis en examen le 3 mars 2023 puis placé sous contrôle judiciaire, avant d’être entendu le 8 décembre 2023 par la justice dans le cadre d’une confrontation avec la plaignante. Dans un réquisitoire définitif daté du 1er août 2025, le parquet de Nanterre avait requis le renvoi du footballeur devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, et il appartenait à la juge d’instruction nommée pour diriger les investigations de décider si un procès devait se tenir.
Le 24 février 2026, la magistrate a rendu ses conclusions dans une ordonnance de mise en accusation de 21 pages et a décidé de renvoyer le joueur devant une cour criminelle pour viol, sans indiquer de date de procès. L’avocate du Marocain, Me Fanny Colin, a fait appel de cette décision et le joueur s’est présenté à l’audience devant la chambre de l’instruction pour contester son renvoi le 22 mai dernier. La tenue, ou non, du procès est donc désormais entre les mains de la chambre de l’instruction, dont le verdict est attendu ce 19 juin.
Que dit la plaignante?
L’enquête montre que la plaignante arrive chez Achraf Hakimi à 1h17 et qu’elle est ressortie de son domicile un peu plus d’une heure après, à 2h21. Selon le récit de la plaignante, les mains du joueur sont de plus en plus pressantes. Si elle tente de les repousser, lui insiste et l’aurait installée de force à califourchon sur ses genoux avant de lui imposer une pénétration digitale de moins d’une minute. La jeune femme, qui explique avoir réussi à se défaire des mains du footballeur, décrit par ailleurs aux enquêteurs plusieurs tentatives du footballeur pour avoir des rapports sexuels.
Son récit est corroboré par l’échange de messages avec une amie pendant la soirée. Elle décrit notamment le Marocain comme « un forceur » et indique par exemple: « il m’a attrapé la bouche, je vais partir », « c’est grave ». Après la pénétration digitale présumée, à 2h18, elle lui envoie: « je t’en supplie dépêche-toi, c’est très grave, il me viole. »
Quelle est la défense d’Achraf Hakimi?
Sorti du silence en janvier 2025, Achraf Hakimi a toujours nié les faits, évoquant des baisers consentis et une caresse « sur le bas du dos avec son accord ». « Je sais que cette accusation est fausse. Je me sens tranquille et je suis concentré pour la suite. Je laisse cela entre les mains de mes avocats et de la justice », a répondu l’international marocain le 13 avril lorsqu’il a été interrogé sur son renvoi en procès, avant le quart de finale retour du PSG contre Liverpool en Ligue des champions.
Sa défense dénonce une manipulation visant à lui extorquer de l’argent et se fonde sur plusieurs éléments: les échanges de la plaignante avec son amie en début de soirée, lorsqu’elle était dans un Uber pour arriver chez le joueur (son amie lui conseille notamment d’écouter « A l’abri » du rappeur Fresh la Peufra, une chanson qui évoque des moyens, même peu moraux, de gagner de l’argent), le refus de la plaignante de remettre son téléphone aux policiers, de procéder à des examens gynécologiques et aux rendez-vous de constatation à l’unité médico-judiciaire, ainsi que deux expertises psychologiques de la plaignante, l’une d’elles mettant en évidence des propos et des expressions qui ne « sont pas le vocabulaire d’une victime d’agression sexuelle ».
Pourquoi la déposition de Kylian Mbappé est-elle au centre des débats?
Le capitaine de l’équipe de France a signé une nouvelle attestation en faveur de son ancien coéquipier au PSG et qui a été recueillie par la chambre de l’instruction. Un élément qui s’annonce crucial dans sa décision, elle qui est en charge de déterminer s’il existe suffisamment de charges contre le joueur marocain pour le renvoyer en procès.
En effet, pour justifier sa décision de renvoyer Achraf Hakimi devant une cour criminelle pour viol, la magistrate avait notamment retenu qu’une partie de la déposition de Kylian Mbappé incrimine son ami, qui lui « a déclaré qu’ils s’étaient fait des caresses sur les parties intimes, ce qui parait être distinct des baisers et d’une main dans le dos, sous le vêtement, rapportés par le mis en examen ».
Entendu par les policiers le 14 avril 2023 à Neuilly-sur-Seine, Kylian Mbappé explique avoir discuté avec Achraf Hakimi de cette soirée pour comprendre l’origine des accusations. Dans sa déposition, que RMC a pu consulter, le Français indique effectivement: « Achraf m’a dit qu’ils se sont embrassés, je lui ai demandé s’il lui avait fait quelque chose mal. Il m’a dit qu’il y avait eu des caresses mutuelles sur des parties intimes mais qu’à aucun moment il n’avait senti de refus de la part de la jeune femme ».
C’est donc cette dernière phrase qui a poussé Mbappé à fournir une nouvelle attestation devant la justice, tenant à préciser qu’il avait exactement dit, devant les policiers, « des parties intimes » et non « les parties intimes » comme la juge avait pu le retenir, et reprise largement par les médias. L’attaquant du Real Madrid s’est attaché à faire une explication de texte pour préciser que « des parties intimes » dans la bouche de son ex-coéquipier, ne veulent pas dire « le sexe ».
Source:
rmcsport.bfmtv.com




