Pour la chanteuse, autrice et compositrice Barbara Pravi, la poésie persane occupe une place essentielle. Elle raconte en avoir beaucoup lu à l’adolescence, attirée par cette écriture singulière où le divin se glisse dans le quotidien. Dans cet épisode de L’Instant poésie, elle choisit de présenter “Humble joie” de Hâfez, où le vin, l’amour et les fleurs ne sont jamais seulement ce qu’ils semblent être, mais traduisent une quête mystique, une relation à Dieu qui se dit à travers les images du monde sensible.
“Je n’échangerai pas cette joie pour un monde”
Hâfez de Chiraz, poète persan du XIVe siècle né à Chiraz, est l’une des figures majeures de la poésie lyrique en Iran. Mystique et philosophe, il compose principalement des ghazals, courts poèmes d’amour où s’entrelacent le désir humain et l’élan spirituel. Dans ces textes, l’amour n’est jamais seulement terrestre : il est aussi une manière d’approcher le divin, dans une langue riche en symboles et en images. Cette poésie, souvent chantée dans la tradition iranienne, efface les frontières entre le profane et le sacré. C’est sans doute ce qui explique la place singulière de Hâfez dans la culture persane : son œuvre, réunie dans le Divân, demeure aujourd’hui encore l’une des plus lues et des plus familières en Iran, où elle est une référence majeure.
Le poème est lu par Mina Kavani.
Hâfez, « Humble joie »
Des amis, un flacon de vin, du loisir, un livre, un coin parmi les fleurs…
Je n’échangerai pas cette joie pour un monde, présent ou à venir.
Qui abandonne le trésor de cette joie pour les richesses du monde estpareil à ceux qui vendirent à vil prix la grâce et la vertu de Josephl’Egyptien.
Viens, la scène du monde est assez grande pour un dévot commetoi, et un débauché comme moi.
Assieds-toi, tout joyeux, dans ton humble coin. Ecoute ! Nulhomme ne peut longtemps méditer en vain sur mon étrange peine.
Un être indigne possède mon idole. Le Ciel me soumet à cetteépreuve, mais arme-toi de patience, ô mon cœur ! Dieu ne permettrapas que cet anneau sans pris reste longtemps encore au doigt duméchant.
L’esprit de ce temps est malade ! O Hafiz, dans une telle misère,que peut l’intelligence du médecin ou le conseil du sage ?
« Humble joie » de Hâfez, extrait des Ghazels de Hafiz, traduit du persan par Charles Devillers (Éditions d’Art Henri PiazzaOuverture dans un nouvel onglet, 1959).

Carte blanche graphique à l’illustratrice PALM illustrationsOuverture dans un nouvel onglet qui accompagne les poèmes de ses créations visuelles, diffusées sur le site et les réseaux sociaux de France CultureOuverture dans un nouvel onglet.
Depuis septembre 2025, la collection de podcasts L’Instant poésieOuverture dans un nouvel onglet est adaptée dans un livre de 300 pages, publié aux Éditions Seghers, dans lequel sont reproduits les commentaires des passeurs, les poèmes qu’ils ont sélectionnés ainsi que les différentes illustrations qui accompagnent chaque épisode.
Source:
www.radiofrance.fr




