Eau, air, sol, les microplastiques sont partout : dans l’environnement, les plantes, les animaux… et dans notre organisme ! Les études récentes montrent que les humains en absorberaient cinq grammes par semaine. On retrouve ces fragments dans le sang, dans divers organes (reins, foie, intestin, poumons…), mais aussi dans le placenta, le liquide amniotique, et même le fœtus, avec des effets sur la santé qui restent aujourd’hui largement méconnus.
Plastique dans le cerveau, terra incognita
Mais dans le cerveau ? On sait que la barrière hématoencéphalique, censée protéger notre encéphale des agressions extérieures, est susceptible de laisser passer les particules de plastique et qu’elles peuvent donc s’y retrouver, ce qui est particulièrement préoccupant.
Une étude publiée en février 2025 dans la revue Nature indiquait d’ailleurs que les microplastiques s’accumulaient davantage dans le cerveau que dans les reins ou le foie… sans que l’on puisse en connaître les conséquences.
Microplastiques : ce que les scientifiques ont découvert dans notre ventre devient préoccupant
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En effet, compte tenu de l’impossibilité de disséquer des cerveaux humains vivants, il est très difficile d’estimer les quantités présentes, et donc encore plus d’évaluer leurs effets sur la santé.
Des outils exploratoires de pointe
Pour documenter ce phénomène, des chercheurs chinois ont utilisé des outils de pointe (spectroscopie infrarouge directe à laser haute résolution et microscopie électronique à balayage) pour examiner 191 échantillons de cerveau :
156 avaient été prélevés sur 113 patients vivants qui avaient subi une intervention chirurgicale pour des tumeurs au cerveau (gliomes et méningiomes) ;35 provenaient de cinq donneurs décédés présentant un cerveau en bonne santé, afin de vérifier la présence de plastique dans les tissus cérébraux normaux.
Microplastics and nanoplastics in brain tumours and the healthy human brain
???? “MNPs were present in 99.4% of diseased brain samples and 100% of healthy brain samples.
???? A higher MNP concentration was observed in peritumoural brain tissues than in healthy brain tissues,…
— Agingdoc????Dr David Barzilai????MD PhD MS MBA DipABLM (@agingdoc1) April 22, 2026
Une présence ubiquitaire ?
Que révèlent les analyses ? Les résultats des chercheurs, publiés dans Nature Health, indiquent que des microplastiques et des nanoplastiques sont retrouvés dans quasiment tous les échantillons de cerveau testés : 99,4 % des échantillons de cerveaux malades et 100 % des échantillons de cerveaux sains. Et il apparaît que les niveaux sont les plus importants jamais enregistrés.
Le saviez-vous ?
Selon l’Ifremer, on appelle microplastiques les particules de déchet dont la taille est inférieure à 5 millimètres (taille d’un grain de riz rond). Les nanoplastiques sont les particules de plastique dont la taille est inférieure à 1 micromètre (taille d’une bactérie, soit 10 fois plus petit que le diamètre d’un cheveu).
C’est dans les cerveaux malades que les quantités sont les plus importantes, avec 129 microgrammes par gramme de cerveau dans les tissus touchés par une tumeur. Les tissus sains du cerveau et de la moelle épinière présentaient des niveaux considérablement plus faibles, avec une médiane de 50,3 microgrammes par gramme de cerveau. Des quantités certes inquiétantes, mais bien moins importantes que celles évoquées par JR Kennedy, le ministre de la Santé américain, au début du mois d’avril dernier. Ce dernier affirmait qu’il y avait une cuillerée de microplastiques dans le cerveau de chaque Américain.
Mais d’où viennent ces particules ?
Selon les auteurs de l’étude, les nanoplastiques étaient plus abondants que les microplastiques. L’équipe a même pu identifier le type de plastique à l’origine de ces minuscules particules :
le PET utilisé pour fabriquer des bouteilles de boissons ;le polyéthylène, couramment utilisé dans les sacs en plastique ;le polyamide, utilisé pour fabriquer les textiles comme le nylon ;le PVC, présent dans la plomberie et les équipements industriels.
Un lien avec les cancers ?
Plus inquiétant : les chercheurs notent que dans les cerveaux malades, les niveaux de microplastiques n’étaient pas uniformes dans l’ensemble du tissu. Il apparaissait que leurs concentrations étaient plus élevées à proximité des tumeurs, peut-être en raison d’une protection naturelle affaiblie. Leur analyse a également révélé que plus la surface des microplastiques était grande, plus la croissance des cellules tumorales était rapide.
Impossible à ce stade de conclure que les microplastiques augmentent le risque de cancer, mais ces résultats posent question. D’autres études devront être menées pour savoir si ces particules de plastique jouent un rôle dans la rapidité de progression de la maladie.

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Quoi qu’il en soit, cette étude apporte une nouvelle preuve que la lutte contre la pollution plastique est un combat important… et urgent, qui nécessite l’action coordonnée des décideurs politiques, des fabricants de plastique et des consommateurs.
Source:
www.futura-sciences.com




