« Lutter contre le fléau de la surpopulation carcérale »: Gérald Darmanin se félicite d’une hausse des expulsions de détenus étrangers

Le ministre de la Justice a estimé que ces expulsions sont, selon lui, un moyen de lutter contre « le fléau de la surpopulation » chronique des prisons françaises. Au 1er mars, le taux d’occupation globale était de 137,5% avec 87.126 détenus pour moins de 63.500 places.

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin s’est félicité ce mercredi 22 avril d’une hausse des expulsions de détenus étrangers sous sa houlette, un moyen selon lui de lutter contre « le fléau de la surpopulation » chronique des prisons françaises.

Dans un message sur X, Gérald Darmanin explique que la France a « augmenté de +70% le nombre de détenus étrangers expulsés ».

Ces détenus « représentent 25% de notre population carcérale et contribuent donc à la surpopulation de nos prisons », selon le ministre qui dit vouloir continuer « d’accroître (ces) expulsions ».

21.329 détenus étrangers sur 88.419 personnes

Une note révélée par Europe 1 et consultée par l’AFP précise qu' »au 1er avril 2026, la population pénale s’élève à 88.419 personnes détenues, dont 21.329 détenus étrangers (24%) contre 26% » à l’arrivée de Gérald Darmanin à la Chancellerie, fin 2024.

Ces éloignements se font par le biais de « libérations conditionnelles-expulsion » (LCE) et de « reconnaissances mutuelles de jugement » entre pays.

« Le recours aux LCE a fortement progressé, passant de 1.039 en 2023 à 1.500 en 2025 (+44%), avec une dynamique encore renforcée en 2026 (+33% par rapport à 2025 et +70% par rapport à 2024) », selon la note du ministère.

Mois après mois, le système pénitentiaire français bat son record de surpopulation carcérale. Au 1er mars, le taux d’occupation globale était de 137,5% avec 87.126 détenus pour moins de 63.500 places.

Ce mal chronique concerne notamment les maisons d’arrêt où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement, donc présumées innocentes.

Appel au blocage des prisons le 27 avril

Après une série de mouvements locaux, un syndicat de surveillants, l’Ufap-Unsa a appelé au blocage des prisons le 27 avril, exigeant que soient pourvus 5.000 postes manquants et réclamant « des mesures d’urgence ».

« Favorable à toutes mesures permettant de sortir de la crise carcérale actuelle », le syndicat appelle toutefois à la prudence « sur l’efficacité immédiate de l’expulsion des détenus étrangers »: « Nous prenons 200 détenus par semaine et la barre des 90.000 détenus devrait être franchie d’ici septembre prochain », met en garde son secrétaire national, Wilfried Fonck. Il relève aussi que « la crise carcérale ne se limite pas à la surpopulation carcérale: 5.000 postes vacants, 5.000 agressions physiques par an » de surveillants par des détenus.

Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire, qui décrivent régulièrement un système au bord de l’explosion, appellent à la mise en place d’un système de régulation carcérale, un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation.

Tout en refusant le principe d’une « régulation carcérale », Gérald Darmanin a dit en janvier sa volonté d’inscrire dans la loi « des objectifs clairs de ‘numerus clausus' » dans les prisons.


Source:

www.bfmtv.com

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