Par Lahcen Isaac Hammouch — Doha, Qatar
Le Doha Forum s’est tenu les 6 et 7 décembre 2025 dans la capitale qatarie, rassemblant chefs d’État, responsables gouvernementaux, experts universitaires, représentants d’organisations internationales et membres de la société civile. L’édition 2025 a pour thème Justice in Action: Beyond Promises to Progress et a porté principalement sur la gouvernance mondiale, la stabilité régionale, la justice internationale et les défis globaux émergents.
L’ouverture du Forum a été assurée par l’Amir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani. Les interventions de haut niveau ont mis en avant l’évolution du contexte international en 2025, marqué par une accumulation de crises et un affaiblissement de la confiance entre les acteurs mondiaux. Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a souligné que la consolidation de la paix repose sur des mécanismes internationaux efficaces et sur la mise en œuvre de responsabilités clairement définies.
La situation dans la bande de Gaza a occupé une place centrale dans les discussions. Les autorités qataries ont indiqué que la trêve en cours ne constituait pas un cessez-le-feu durable et ont décrit un contexte où l’accès humanitaire reste limité, les mouvements civils restreints et les opérations militaires incomplètement suspendues. Les efforts de médiation menés par le Qatar se concentrent sur un processus comprenant la libération progressive des personnes retenues, l’établissement d’un gouvernement provisoire palestinien, la présence potentielle d’une force internationale de sécurité et l’ouverture d’un accès humanitaire continu. D’autres interventions régionales ont contribué à exposer la diversité des positions au Moyen Orient, notamment celles concernant l’évolution du conflit israélo palestinien et ses répercussions.
La question de la justice internationale a été l’un des axes constants des échanges. Plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité de réformer les institutions multilatérales et de renforcer les mécanismes de responsabilité. Des États européens, africains et asiatiques ont mis en avant l’importance de normes juridiques cohérentes et applicables indépendamment des contextes géographiques. La Bosnie Herzégovine a rappelé, à partir de son expérience historique, l’importance de systèmes judiciaires internationaux capables de juger les violations graves du droit.
Les participants ont également abordé les enjeux structurels qui influencent les équilibres mondiaux. Le ministre pakistanais de la Planification a qualifié les pressions démographiques et climatiques de facteurs de risque majeurs pour la stabilité internationale. Il a souligné que ces défis nécessitent une réponse collective et un soutien financier accru aux États les plus vulnérables. Cette thématique a été liée à la nécessité d’actualiser les modèles de développement global afin d’intégrer l’adaptation climatique et la résilience économique.
Le Forum a par ailleurs mis en lumière le rôle du Qatar en tant que plateforme de dialogue international. L’événement a permis de présenter les initiatives diplomatiques menées par le pays dans plusieurs dossiers régionaux et sa volonté de promouvoir un cadre de discussion multilatéral. L’édition 2025 a également servi de point de rencontre pour des échanges techniques portant sur la gouvernance économique, les réformes institutionnelles, la coopération sécuritaire et les engagements climatiques.
Au terme des deux journées, les discussions ont permis de dégager des orientations concernant les processus de médiation en cours, les propositions de réformes multilatérales, les appels à une coordination internationale renforcée et les pistes de coopération pour soutenir les pays exposés aux effets du changement climatique. Le Forum n’a pas produit de décisions contraignantes, mais il a contribué à préciser les priorités de nombreux acteurs institutionnels sur des dossiers considérés comme structurants pour la stabilité mondiale.







