Rabat – Juillet 2025.
Alors que le Maroc fait face à une crise hydrique sans précédent, marquée par des scènes alarmantes de pénurie d’eau potable dans plusieurs régions, l’absence du ministre de l’Eau, Nizar Baraka, lors d’une séance cruciale au Parlement a provoqué une onde de choc politique et populaire.
Un pays qui a soif, des institutions qui désertent
Dans les campagnes comme dans les villes, la situation devient critique. À travers les réseaux sociaux, les témoignages affluent : habitants contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour un seau d’eau, villages rationnés, écoles sans accès à l’eau potable… Le Maroc a soif.
Mais ce qui a indigné les élus comme les citoyens, c’est l’absence remarquée du ministre de tutelle, pourtant directement concerné par la gestion de cette urgence. À l’hémicycle, les protestations ont fusé, jusque dans les rangs du parti de l’Istiqlal, dont Nizar Baraka est le secrétaire général. La colère est montée d’un cran lorsque la présidence de la séance a simplement annoncé : « Le ministre est absent », déclenchant un vacarme rappelant plus une place de marché qu’un Parlement national.
Une fracture entre l’élite politique et la réalité du terrain
Cette crise révèle un malaise plus profond : un fossé grandissant entre les priorités des responsables politiques et les besoins fondamentaux de la population.
Pour beaucoup, le gouvernement Akhannouch, dirigé par un homme d’affaires milliardaire et entouré de ministres issus du monde économique, donne le sentiment de défendre les intérêts des grandes fortunes plutôt que les urgences sociales et environnementales.
Pendant que certains vivent dans des résidences où l’eau coule à flot, des millions de Marocains voient leur quotidien rythmé par les coupures, les files d’attente devant les citernes, et la peur que demain soit pire qu’aujourd’hui.
Une politique de l’autruche face à l’urgence climatique
Les experts tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Le Maroc est parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique en Afrique du Nord. La baisse des précipitations, la surexploitation des nappes phréatiques, l’urbanisation non maîtrisée, et l’absence de politiques durables ont aggravé une situation déjà fragile.
Mais en face, la réponse politique semble se résumer au silence, à l’improvisation, voire à l’inaction.
Le Plan national de l’eau 2020-2050, annoncé en grande pompe, reste pour l’instant un catalogue d’intentions sans effets visibles pour les populations les plus touchées.
Quand l’eau devient un indicateur démocratique
Au-delà de la pénurie, c’est la question de la gouvernance qui est posée.
L’eau, bien commun et vital, devient le miroir d’un modèle de gestion à bout de souffle, où les arbitrages semblent faits au bénéfice de la minorité, au détriment de la majorité.
L’absence d’un ministre dans un moment aussi crucial symbolise l’érosion de la responsabilité publique et l’éloignement des institutions des réalités sociales.
Un été de tous les dangers ?
Si aucune réponse rapide et structurée n’est apportée, l’été 2025 pourrait marquer un tournant social et politique.
Des tensions locales pourraient éclater dans certaines régions déjà fragilisées. Des voix s’élèvent pour demander des enquêtes parlementaires, des audits indépendants, voire un remaniement gouvernemental.
Mais au-delà de l’agenda politique, c’est la confiance du peuple qui est en jeu.
Conclusion : l’eau comme symbole d’un contrat social brisé
Le Maroc ne peut plus se permettre de traiter la crise de l’eau comme une fatalité saisonnière. Elle est désormais un enjeu de sécurité nationale, de justice sociale et de stabilité politique.
Le peuple a soif – au sens propre comme au figuré. Soif de dignité, de transparence, de vérité, et surtout, de dirigeants présents.
Et ce 22 juillet 2025, le Parlement a démontré que l’absence d’un ministre peut avoir plus de poids que sa présence.






