L’Inde adopte un amendement sur les droits des transgenres, suscitant des inquiétudes quant au respect du précédent de la Cour suprême – JURISTE

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Président Droupadi Murmu mardi a approuvé le projet de loi modifiant le projet de loi de 2026 sur les personnes transgenres (protection des droits), une mesure qui, selon Amnesty International, restreint la capacité des personnes transgenres et de divers genres à s’identifier. Aakar Patelprésident du conseil d’administration d’Amnesty International Inde, a critiqué la loi, déclarant : « Cette loi régressive dilue les garanties et approfondit l’intrusion de l’État dans la vie des personnes transgenres. »

Le projet de loi modifiant le projet de loi sur les personnes transgenres (protection des droits), 2026, a été adopté par vote vocal dans les deux chambres du Parlement le 25 mars, complétant ainsi son processus d’approbation législative. Les chefs de l’opposition ont exprimé leurs inquiétudes quant au processus accéléré et ont demandé que le projet de loi soit renvoyé à un comité permanent pour une consultation plus large avec les parties prenantes. Dans le cadre modifié, les personnes transgenres doivent se soumettre à une série de procédures de vérification officielles avant que leur identité de genre puisse être légalement reconnue par les autorités.

L’amendement introduit une définition plus étroite du « transgenre », limitant la reconnaissance à des catégories socioculturelles et à des variations biologiques spécifiques. Il supprime également une définition distincte des personnes intersexuées, les regroupant dans la catégorie plus large des transgenres. En outre, la loi prévoit des sanctions pénales pour « contraindre », « forcer » ou « inciter » une personne ou un enfant à se présenter comme transgenre, avec des peines pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement à vie.

Les observateurs juridiques notent que l’amendement s’écarte des principes énoncés par la Cour suprême dans l’affaire NALSA c. Union of India de 2014, dans laquelle la Cour a reconnu l’identité de genre comme une question d’autonomie personnelle et a affirmé le droit à l’auto-identification sans intervention médicale obligatoire. Le nouveau cadre remplace la reconnaissance de l’auto-identification par la Cour par un système exigeant une certification par une commission médicale et une reconnaissance ultérieure par un magistrat de district, suscitant des inquiétudes parmi les critiques quant à la surveillance accrue de l’État et aux incohérences potentielles avec les protections constitutionnelles et les normes internationales des droits de l’homme.

La législation a été adoptée malgré les objections d’un comité d’experts nommé par la Cour suprême sur les droits des transgenres, qui avait recommandé de retirer le projet de loi et de mener de nouvelles consultations avec les communautés concernées. La commission a explicitement demandé au gouvernement de retirer le projet de loi et d’engager des consultations significatives avec les communautés transgenres. Cependant, le gouvernement a adopté le projet de loi.

Dans le même temps, la Haute Cour du Rajasthan a averti que les changements législatifs ne peuvent pas diluer les garanties constitutionnelles, en particulier celles reconnues dans des décisions antérieures de la Cour suprême, ce qui laisse entrevoir la possibilité de futures contestations judiciaires de l’amendement.


Source:

www.jurist.org

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