« Il n’y a pas de précédent » pour les marins coincés dans une zone de guerre après la Seconde Guerre mondiale

ACTUALITE"Il n'y a pas de précédent" pour les marins coincés dans une zone de guerre après la Seconde Guerre mondiale

Les marins travaillent sur quelque 2 000 navires, dont des pétroliers et gaziers, des vraquiers, des cargos ainsi que six paquebots de croisière touristiques.

Les navires sont coincés dans le golfe Persique et ne peuvent pas traverser ce détroit étroit en raison de la guerre en cours au Moyen-Orient.

L’Iran borde le détroit du côté nord et a déclaré qu’il n’autoriserait le passage qu’aux navires « non hostiles ».

Avant le conflit, environ 150 navires empruntaient chaque jour la voie navigable, mais aujourd’hui, seuls quatre ou cinq le font.

Lundi, deux cargos battant pavillon chinois auraient entrepris un voyage de quatre à six heures à travers le détroit et vers le golfe d’Oman et des eaux plus sûres en dehors de la zone de guerre.

Attaques contre des navires

Depuis le début du conflit il y a un mois, 19 attaques contre des navires ont eu lieu dans le détroit, selon le rapport de l’ONU. Organisation maritime internationale (OMI) à Londres.

Dix marins ont été tués et huit blessés depuis le début des bombardements israélo-américains contre l’Iran, déclenchant des frappes iraniennes à travers le Golfe.

Mardi, un pétrolier entièrement chargé a été heurté au large de Dubaï, probablement par un drone armé.

Un cargo navigue en haute mer. (déposer)

On ne sait toujours pas pourquoi ces 19 navires ont été spécifiquement ciblés.

Il semble y avoir eu moins d’attaques la semaine dernière, dans un contexte de multiplication des démarches diplomatiques pour résoudre la crise.

Sécurité des gens de mer

L’OMI, qui est une agence spécialisée des Nations Unies chargée des mesures visant à améliorer la sûreté et la sécurité du transport maritime international, se concentre sur l’évacuation et la sécurité des 20 000 marins.

« Il n’y a pas de précédent à l’échouage d’autant de marins à l’ère moderne », a déclaré Damien Chevallier, directeur de la division Sécurité maritime de l’organisation.

« L’OMI a appelé toutes les parties au conflit à désamorcer les attaques afin que les marins puissent être évacués vers des lieux sûrs. »

« Ils travaillent depuis un mois dans une zone de guerre active », a expliqué M. Chevallier. « C’est une situation très effrayante et on ne peut qu’imaginer le stress psychologique qu’ils subissent. »

La Fédération internationale des ouvriers du transport, un partenaire de l’OMI qui représente les gens de mer, a déclaré avoir reçu plus de 1 000 courriels d’équipages bloqués à bord de navires exprimant leurs inquiétudes sur les conditions à bord et demandant leur rapatriement dans leur pays d’origine.

« Il serait peut-être possible de soulager ces marins en les remplaçant par d’autres, car un navire a évidemment besoin d’un équipage pour continuer à fonctionner, mais les compagnies qui exploitent ces navires devraient trouver des volontaires », a déclaré M. Chevallier.

Une photo satellite montre la route maritime stratégiquement importante du détroit d’Ormuz.

« La meilleure solution est que ces navires puissent passer en sécurité par le détroit d’Ormuz, mais cela nécessiterait la cessation des hostilités », a-t-il ajouté.

Négocier un passage sûr

Les 2 000 navires dans le golfe Persique sont réapprovisionnés en nourriture, en eau et en carburant par des sociétés opérant depuis l’Arabie saoudite et Oman. Les autorités saoudiennes ont travaillé avec l’OMI pour fournir des informations à l’industrie sur la manière de contacter ces sociétés de réapprovisionnement.

Il n’est pas nécessairement plus sûr pour ces navires de rester au port, c’est pourquoi ils se déplacent dans le Golfe à la recherche d’endroits sûrs où ils peuvent attendre la fin du conflit, en suivant les protocoles des compagnies maritimes qui les possèdent.

Alors que l’OMI continue de dialoguer avec divers interlocuteurs en vue de l’évacuation des gens de mer, Damien Chevallier, de l’OMI, a déclaré que l’organisation avait demandé à l’Iran « des éclaircissements sur ce qui constitue un navire « hostile » et qui pourrait donc être menacé d’attaque », s’il passait par le détroit d’Ormuz.

Itinéraire internationalement reconnu

Le détroit est d’une importance vitale pour l’économie mondiale. On estime que 20 pour cent des réserves mondiales de pétrole et de gaz y transitent.

Un système d’acheminement des navires convenu au niveau international, un système de séparation bidirectionnelle du trafic maritime, a été adopté par l’OMI en 1968 avec l’accord des pays de la région. Celui-ci trace la route la plus sûre à travers l’étroit couloir maritime passant près d’Oman, au sud.

Cependant, les quelques navires qui ont transité ont emprunté une route vers le nord, près de l’Iran, apparemment pour que les autorités puissent surveiller leurs mouvements de plus près.

Quel avenir pour les marins ?

L’objectif à court terme de l’OMI est d’assurer la sécurité de tout l’équipage actuellement coincé dans le golfe Persique, mais des inquiétudes subsistent à plus long terme quant à l’avenir de la navigation maritime.

« Si les gens de mer ne se sentent pas en sécurité en raison de conflits comme celui que nous traversons actuellement, il sera alors difficile d’attirer la prochaine génération pour répondre à des besoins croissants », a expliqué M. Chevallier.

« Sans les gens de mer, il ne peut y avoir de commerce mondial dont dépendent les économies mondiales. »


Source:

news.un.org

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