Cette soirée-là, il en est sûr, restera gravée dans sa mémoire. Ce sera l’un de ces souvenirs qu’on évoque entre amis ou en famille, et qui réchauffent à mesure qu’on les ranime. « Avec la victoire de Demba Traoré, j’ai eu l’impression de retrouver la France de 1998, la France black, blanc, beur, celle qui gagne ensemble », raconte Sofiene, encore bouleversé. Ce Blanc-Mesnilois de toujours, engagé depuis dans le tissu associatif de la ville via l’association Speranza, qui organise des distributions de paniers-repas solidaires, s’est rendu comme beaucoup d’autres à la mairie du Blanc-Mesnil le 22 mars dernier.
Au premier tour des élections municipales, la liste de l’ancien maire et sénateur Thierry Meignen (LR) avait frôlé la victoire avec 44,89 % des suffrages. Avec trois autres candidats de gauche et du centre au-dessus des 10 %, seuil nécessaire pour se maintenir au second tour, Thierry Meignen se voyait déjà garder la mairie sous sa coupe. Mais la fusion entre la liste citoyenne emmenée par Demba Traoré, celle d’union de la gauche conduite par le communiste et ancien édile Didier Mignot, et la liste centriste de Mohamed Chérif a fait naître un véritable espoir.
« Tout le monde attendait la libération. D’en finir avec Thierry Meignen, qui n’a dominé durant ses mandats que par la peur »,…
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