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La Roumanie à l’ère de Schengen : des efforts pour des frontières plus sûres

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Plus d’un an après être devenue membre à part entière de l’espace Schengen, la Roumanie n’est plus simplement un bénéficiaire de la zone franche mais un fournisseur de sécurité en première ligne de l’Union européenne, écrit Cristian Gherasim.

L’accord de Schengen est au cœur de la liberté de circulation de l’UE, supprimant les contrôles aux frontières intérieures entre ses 29 États membres. Mais il y a un piège : pour éliminer ses frontières intérieures, les frontières extérieures de Schengen doivent rester sûres et sécurisées. La Roumanie se trouve aux frontières extérieures de Schengen. Les frontières de la Roumanie sont désormais les frontières de Schengen – et, par extension, celles de l’UE aussi.

Des données récentes montrent que Bucarest a commencé à prendre ses responsabilités au sérieux. En 2025, les autorités locales chargées de l’application des lois ont saisi environ 212 millions de cigarettes de contrebande, avec une valeur estimée sur le marché noir à plus de 197 millions de lei, selon les données de StopContrabanda.ro. C’est près de quatre fois le volume enregistré l’année précédente.

Les plus gros volumes de cigarettes saisis en 2025 proviennent de zones frontalières, hors Union européenne.

Mais tout n’est pas rose. L’augmentation des saisies raconte en fait deux histoires différentes. D’un côté, les autorités chargées de l’application des lois ont effectivement commencé à faire leur travail, mais d’un autre côté, nous pouvons constater à quel point le problème est profondément ancré.

Malgré des améliorations significatives, la frontière orientale de la Roumanie avec l’Ukraine figure parmi les frontières les plus lucratives en termes de contrebande de cigarettes et de commerce illicite dans l’UE.

Les routes de contrebande fonctionnent rarement de manière isolée. L’infrastructure utilisée pour déplacer les marchandises de contrebande est souvent la même que celle utilisée pour la traite des personnes, la migration irrégulière et les activités plus larges du crime organisé. La politique budgétaire intérieure ajoute une autre couche à ce problème complexe. La volonté de la Roumanie d’augmenter les droits d’accise, bien que compréhensible sur le plan fiscal, risque d’élargir l’écart de prix entre les produits légaux et illégaux.

La menace sécuritaire plus large

Les Balkans occidentaux font depuis longtemps partie d’une route par laquelle les marchandises licites et illicites se dirigent vers l’Europe occidentale.

Mais cela va bien au-delà. Les mêmes réseaux criminels qui s’occupent de marchandises de contrebande s’appuient souvent sur la même infrastructure pour la traite des êtres humains. La route des Balkans occidentaux reste une voie essentielle pour la migration irrégulière vers l’UE. Les migrants traversent souvent l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie avant d’atteindre les frontières de l’UE.

Et c’est là que l’application locale rencontre la géopolitique.

La sécurité des frontières n’est pas seulement un problème local. C’est un problème européen. Surtout lorsqu’il s’agit des frontières sud de l’UE.

L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont tous deux au bord d’un conflit à grande échelle. Alors que les dirigeants européens restent profondément engagés dans la guerre en Ukraine et dans les tensions au sein de l’alliance transatlantique, des menaces couvent aux portes de l’Europe. La guerre au Soudan et l’horrible désastre humanitaire qui s’y déroule peuvent avoir des retombées importantes, affectant dangereusement la sécurité de l’UE. Ajoutez à cela la tournure dramatique des événements au Moyen-Orient et vous obtiendrez une concoction dont pourraient facilement profiter ceux qui tentent de saper l’Union européenne et ses intérêts de sécurité.

Un appel à l’action pour l’UE

Les bons bustes de contrebande ne sont que la pointe de l’iceberg. La Roumanie apporte effectivement des améliorations et sécurise ses frontières, mais l’approche doit être européenne. La migration illégale n’est cependant pas un problème local, c’est un problème transnational. Il faut donc une réponse collective.

La migration illégale en provenance des zones de conflit peut être combattue en la tuant dans l’œuf. L’aide humanitaire, le soutien à la société civile et les incitations à des pourparlers de paix immédiats sont des leviers que l’UE peut utiliser pour mettre un terme à la guerre.

Le temps presse car les choses avancent à un rythme très rapide. Avec une guerre qui fait rage à côté, de fortes tensions au Moyen-Orient et des relations tendues avec les États-Unis, les vulnérabilités le long des frontières de l’UE comportent des risques accrus.

Quant à la Roumanie, ses frontières ne sont pas seulement des frontières nationales. Ce sont les frontières de l’UE. L’adhésion à Schengen était une réalisation attendue depuis longtemps. Mais ce n’est pas symbolique. Il est opérationnel. Et cela a amélioré le jeu. Sécuriser ses frontières nationales n’est pas seulement un défi pour Bucarest mais un test de résilience pour Schengen lui-même.


Source:

www.eureporter.co

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