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Attaque en Iran : « L’objectif est de voir ce que ça donne au combat »… Pourquoi les États-Unis ont-ils utilisé pour la première fois leurs drones jetables « Lucas » ?

Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé, samedi 28 février 2026, le premier déploiement de « drones kamikazes » baptisés « Lucas » contre des cibles en Iran et ce, dans le cadre de l’opération « Fureur épique ». D’un coût 30 000 dollars, ces appareils s’inspirent des Shahed-136 iraniens. Explications avec le général François Chauvancy.

L’annonce a été faite par le Commandement central américain (Centcom) ce samedi sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, les États-Unis ont déployé des « drones kamikazes » au sein de leur arsenal, aux côtés de missiles et d’avions de combat, pour frapper des cibles iraniennes. Trois questions se posent alors : à quoi ressemblent-ils ? Dans quel cadre ont-ils été utilisés ? Cette initiative illustre-t-elle leur importance croissante dans les guerres modernes ? Éléments de réponse avec le général François Chauvancy, actuellement consultant géopolitique sur LCI.

Le général François Chauvancy.
Le général François Chauvancy.
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C’est quoi ces nouveaux « drones kamikazes » Lucas ?

Des drones kamikazes d’une portée d’environ 650 kilomètres ont été utilisés par les forces américaines, notamment par la Task Force Scorpion Strike (unité des forces américaines lancée en décembre 2025), pour viser des intérêts liés au régime iranien. Sur X, le Centcom (commandement militaire américain pour le Moyen-Orient) explique qu’il « s’agit d’une première » dans l’Histoire. Développé par l’entreprise Spektre Works, située en Arizona, cet aéronef a été baptisé « Lucas » pour « Low-cost Unmanned Combat Attack System »… soit un drone jetable unidirectionnel à bas coût estimé à (seulement) 30 000 dollars, selon Defense and Security Monitor. Lucas s’inspire directement (et c’est assumé) des Shahed-136 iraniens, largement utilisés par la Russie depuis le début en Ukraine.

Tirés depuis des navires de « combat littoral », ces drones américains disposent d’une portée plus limitée que les Shahed-136, soit d’environ 650 kilomètres. Ils peuvent cependant n’emporter qu’une charge explosive relativement légère d’environ 20 kg. Mais ces aéronefs peuvent également être catapultés « à partir d’un camion ou d’une plateforme maritime », détaille notre expert… et servir également le « ciblage humain ». Enfin, l’arrivée des drones Lucas s’inscrit dans un contexte stratégique dominé par les missiles balistiques. « Cela veut dire que ses cibles sont des ‘cibles molles’ et non pas des bunkers », explique le général à Midi Libre, citant en exemple les « esquifs iraniens qui auraient une tendance à vouloir s’approcher des navires de la flotte américaine ».

Que révèle l’apparition des drones Lucas ?

Selon le Centcom, ces drones à usage unique ont été utilisés pour la première fois samedi contre des systèmes de défense antiaériens, des bases de lancement de drones et de missiles ainsi que des bases militaires en Iran. Tout cela, à moindre coût, donc. Selon le général François Chauvancy, l’apparition de ces drones low-cost répond également à la volonté des États-Unis de dominer rapidement le secteur et de maîtriser ces technologies stratégiques.

La Task Force Scorpion Strike du CENTCOM – pour la première fois dans l’histoire – utilise des drones d’attaque unidirectionnels au combat lors de l’opération Epic Fury. Ces drones à faible coût, inspirés des drones iraniens Shahed, apportent désormais des représailles de fabrication américaine. \ud83c\uddfa\ud83c\uddf8 pic.twitter.com/VYdjiECKDT

– Commandement central américain (@CENTCOM) 28 février 2026

Et au lendemain du lancement de l’opération militaire « Fureur épique », le pays a déjà montré qu’il disposait d’un arsenal, complétant ses armes les plus sophistiquées comme les missiles de croisière Tomahawk. « Lucas, c’est l’aboutissement de réformes profondes au sein de l’armée américaine. Un décret présidentiel du 6 juin ordonne aux armées de se mettre en ordre de bataille pour acquérir cette suprématie en drones pour toutes les armées : terres, airs, mers et marines. » Selon le général, « Top drone », une école au sein des armées dédiée à la formation aux drones, a d’ailleurs récemment été lancée par le Pentagone. « L’objectif est également ici de tester, de développer et de voir ce que ces drones donnent au combat », rappelle le général François Chauvancy.

Quel est l’intérêt de développer des drones law-cost ?

Rappelons tout d’abord qu’en 2023, trois drones Shahed avaient attaqué la frégate française Languedoc en mer Rouge. Notre Marine nationale avait riposté avec des missiles extrêmement coûteux. « Le combat n’avait pas fait de victimes, mais avait nécessité des munitions à 1 million d’euros pour abattre des engins à 30 000 dollars », se souviennent nos confrères de Paris Match. Surtout, il avait révélé le besoin d’armes plus abordables pour contrer ces drones. Et ces Lucas sont donc une réponse au fait que « l’on intègre la logique du coup dans la destruction de l’adversaire », analyse le général. « Si ça coûte très cher pour détruire quelque chose de pas cher, on se rend bien compte que l’on est perdant », ajoute-t-il, soulignant que la France s’est, elle aussi, engagée dans la course aux drones.

« On vient d’abandonner un drone parce que finalement il n’était pas un succès technique et puisqu’on a mis huit à dix ans pour le développer il est devenu obsolète… Dans cette guerre du drone, l’objectif c’est d’aller très vite. Reste que nous sommes dans une économie du temps de paix et que nous avons mis suffisamment de normes pour avancer à la vitesse de la tortue », poursuit le général Chauvancy.


Source:

www.midilibre.fr

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