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Bruxelles face au chômage : un marché du travail fragilisé par l’instabilité institutionnelle et la crise du non marchand

ACTUALITEEconomieBruxelles face au chômage : un marché du travail fragilisé par l’instabilité institutionnelle et la crise du non marchand

La situation du chômage en Belgique reste marquée par de fortes disparités régionales, et la Région de Bruxelles-Capitale continue de concentrer les indicateurs les plus préoccupants. Selon Statbel, le taux de chômage harmonisé à l’échelle nationale se situait autour de 6 % à la fin de l’année 2025. Derrière cette moyenne, les écarts régionaux sont significatifs. Selon Statbel, le taux de chômage dépasse 13 % à Bruxelles, tandis qu’il oscille entre 8 et 9 % en Wallonie et se situe autour de 4 à 5 % en Flandre, un niveau proche du plein emploi.

Ces chiffres traduisent une réalité structurelle ancienne, mais ils prennent aujourd’hui une dimension particulière à Bruxelles en raison du contexte institutionnel. La Région de Bruxelles-Capitale fonctionne sans gouvernement régional de plein exercice depuis plusieurs mois. Cette situation empêche l’adoption d’un budget régional complet et limite la capacité des autorités à adapter les politiques publiques aux évolutions économiques et sociales. Selon le cadre budgétaire régional, les administrations sont contraintes de fonctionner sur la base de crédits provisoires, ce qui réduit la marge de manœuvre financière et la visibilité à moyen terme.

Cette instabilité institutionnelle a des effets directs sur le marché du travail bruxellois. Selon Actiris, l’office régional de l’emploi, 96 650 personnes étaient inscrites comme chercheurs d’emploi en Région bruxelloise fin décembre 2025, soit une augmentation de plus de 3 % sur un an. Selon Actiris, le taux de chômage régional atteignait alors 15,4 %, confirmant une tendance à la hausse observée depuis plusieurs mois. Cette évolution concerne l’ensemble des catégories d’âge, y compris les jeunes de moins de 25 ans, dont le nombre de demandeurs d’emploi a également progressé sur la période.

Le contexte politique pèse particulièrement sur le secteur non marchand, qui occupe une place centrale dans l’économie bruxelloise. Selon les données de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le secteur non marchand représente plus de 40 % de l’emploi total dans l’espace francophone, incluant les associations, les ASBL, l’action sociale, la culture, l’enseignement, la santé et les soins aux personnes. À Bruxelles, selon les données croisées de Statbel et de l’ONSS, ce secteur emploie plusieurs dizaines de milliers de travailleurs et constitue un pilier essentiel du marché du travail local.

Or, selon les fédérations représentatives du secteur associatif et du non marchand, l’absence de gouvernement régional entraîne des retards dans la reconduction des subsides, la suspension ou le report d’appels à projets et une incertitude croissante sur les financements structurels. Ces difficultés budgétaires ont des conséquences concrètes sur l’emploi. Selon ces mêmes organisations, de nombreuses structures ont gelé les recrutements, renoncé au renouvellement de contrats à durée déterminée et, dans certains cas, procédé à des réductions d’effectifs.

Le secteur des soins est également touché. Selon les réseaux hospitaliers bruxellois, la hausse des coûts de fonctionnement, combinée à l’incertitude budgétaire, exerce une pression croissante sur l’emploi infirmier, administratif et logistique. Cette situation intervient alors que les besoins en personnel restent élevés. Selon Statbel et les rapports sectoriels, les soins de santé figurent parmi les secteurs en pénurie de main-d’œuvre à l’échelle nationale, ce qui accentue le paradoxe d’un chômage élevé dans une région où certains besoins essentiels peinent à être couverts.

Parallèlement, le marché du travail bruxellois continue de présenter un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande d’emploi. Selon Actiris et Statbel, Bruxelles génère un volume important d’emplois, notamment dans les services, les institutions internationales et les fonctions administratives. Toutefois, une part significative de ces emplois est occupée par des travailleurs provenant d’autres régions. Selon Statbel, le taux d’emploi des résidents bruxellois demeure inférieur à celui observé en Flandre et en Wallonie, ce qui contribue à maintenir un chômage structurel élevé parmi la population locale.

Les difficultés d’accès à l’emploi sont renforcées par plusieurs facteurs structurels documentés. Selon les analyses de Statbel et des organismes régionaux, la maîtrise insuffisante des langues, en particulier du néerlandais, les niveaux de qualification inégaux et l’accès limité à certaines formations adaptées aux besoins du marché contribuent à un décalage persistant entre les profils des demandeurs d’emploi et les postes disponibles.

Dans ce contexte, le rôle du secteur non marchand reste déterminant. Selon les données régionales, ce secteur agit traditionnellement comme un amortisseur social en période de tension économique, en offrant des emplois et des services dans les quartiers les plus fragilisés. Sa fragilisation actuelle réduit cette capacité d’absorption et exerce une pression supplémentaire sur le marché du travail. Selon Statbel, certaines communes bruxelloises continuent d’afficher des taux de chômage nettement supérieurs à la moyenne régionale, en particulier chez les jeunes et les personnes peu qualifiées.

L’absence prolongée de gouvernement régional apparaît ainsi comme un facteur aggravant d’un déséquilibre déjà existant. Selon plusieurs analyses institutionnelles, sans décisions budgétaires claires et sans pilotage politique stable, la capacité de la Région de Bruxelles-Capitale à soutenir l’emploi, à stabiliser le secteur non marchand et à coordonner les politiques de formation et d’activation reste limitée. Les données disponibles montrent que l’évolution du chômage à Bruxelles est étroitement liée à la stabilité institutionnelle et à la capacité des pouvoirs publics à assurer la continuité des financements et des politiques publiques.

Dans une région où une part importante de l’emploi dépend directement de l’action publique et du secteur associatif, l’instabilité politique ne se traduit pas seulement par un ralentissement administratif, mais par des effets mesurables sur l’emploi, la précarité et le fonctionnement du marché du travail. Les chiffres du chômage, la fragilisation du secteur non marchand et les tensions budgétaires observées aujourd’hui constituent les principaux indicateurs de cette situation.

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