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Isaac Hammouch : À Davos, le président Aliyev acte la fin des illusions du multilatéralisme

Lors de son entretien accordé à Euronews en marge du Forum économique mondial de Davos 2026, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a livré une analyse lucide et sans détour de l’état actuel des relations internationales. En affirmant que « les relations internationales entrent dans une nouvelle ère où ce n’est plus la règle du droit, mais la règle de la force qui domine », le chef de l’État a formulé un constat partagé, souvent tu, au sein des cercles diplomatiques et stratégiques.

Cette déclaration intervient dans un contexte mondial marqué par l’érosion progressive des mécanismes multilatéraux, l’affaiblissement du droit international et la montée en puissance des rapports de force bruts. Les conflits armés prolongés, l’usage croissant des sanctions comme instruments politiques, la paralysie des institutions internationales et la reconfiguration des alliances traduisent une réalité géopolitique où la puissance militaire, économique et énergétique pèse davantage que les normes juridiques ou les engagements collectifs.

Pour l’Azerbaïdjan, pays situé à la croisée de plusieurs zones de tension stratégique, cette lecture du monde n’est ni théorique ni abstraite. Bakou a bâti ces dernières années une diplomatie pragmatique, fondée sur la souveraineté nationale, la diversification de ses partenariats et l’affirmation de ses intérêts sécuritaires. Le discours d’Ilham Aliyev s’inscrit dans cette continuité, en soulignant que les États ne peuvent plus se permettre de fonder leur sécurité exclusivement sur des garanties juridiques internationales de plus en plus fragilisées.

À Davos, plateforme mondiale traditionnellement associée à la gouvernance globale, au dialogue et à la coopération, cette prise de position a résonné comme un rappel sévère des limites du système international actuel. Elle met également en lumière le fossé grandissant entre les principes proclamés et les pratiques réelles des grandes puissances, souvent promptes à invoquer le droit tout en le contournant lorsque leurs intérêts stratégiques sont en jeu.

Les propos du président azerbaïdjanais interrogent directement l’avenir de l’ordre international fondé sur des règles, promu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils soulèvent une question centrale pour l’Europe, attachée historiquement au multilatéralisme et à l’État de droit, mais confrontée à un environnement géopolitique de plus en plus brutal. Entre idéal normatif et réalisme stratégique, le message d’Ilham Aliyev invite à repenser les équilibres, sans naïveté ni faux-semblants.

En exposant cette vision à Davos, le président Aliyev n’a pas seulement décrit un état du monde. Il a posé un diagnostic politique qui, qu’on le partage ou non, reflète une tendance lourde des relations internationales contemporaines. Une tendance qui oblige les États, petits et moyens comme les grandes puissances, à revoir leurs doctrines de sécurité, leurs alliances et leur rapport au droit international, désormais soumis à l’épreuve constante de la force.

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