Affaire Lettori // 7 des 13 députés irlandais ont signé un Question parlementaire au titre de l’article 138 du règlement au commissaire chargé de l’emploi et des droits sociaux, Nicolas Schmit, lui demandant si la Commission renverrait immédiatement l’affaire de discrimination de longue date Lettori à la Cour de justice de l’Union européenne(CJUE) pour ce qui serait le cinquième arrêt dans une série de litiges qui remontent à l’époque fondatrice Allué décision de 1989.
Non-respect de la jurisprudence Lettori
La question a été soulevée par le non-respect par l’Italie de la décision rendue dans l’affaire d’exécution. C-119/04 dans le délai de deux mois accordé par la Commission dans son rapport de janvier communiqué de presse annonçant le passage de la procédure d’infraction au stade de l’avis motivé. Plutôt que de payer les indemnités dues à Lettori pour des décennies de traitement discriminatoire, comme le demandait la Commission, l’Italie, dans un décret-loi du 4 mai, « a plutôt légiféré pour accorder un délai supplémentaire afin d’élaborer une législation supplémentaire censée répondre aux obligations du traité qu’elle a violées pendant plus de trois décennies », comme le disent les députés irlandais dans leur question.
Dans un discours Mercredi devant le Parlement européen, l’eurodéputée de Dublin Clare Daly, qui a rédigé la question parlementaire, a fermement dénoncé la discrimination persistante à l’encontre de Lettori. Les points abordés dans son discours sont en continuité avec les points qu’elle a soulevés dans une série de questions révélatrices sur le cas Lettori à la Commission sur le mandat de l’actuel parlement.
7 députés cosignent la question à l’UE sur le Lettori
L’avant-dernière question influente de la députée européenne Daly, cosignée par sept de ses collègues parlementaires irlandais et déposée peu avant l’ouverture de la procédure d’infraction, s’inscrit dans le contexte des avantages et des responsabilités qui en découlent de l’adhésion à l’UE. Plaçant les circonstances de la violation la plus ancienne des dispositions du Traité sur la parité de traitement devant la conscience de l’UE, ses paroles, qui définissent succinctement le principe fondamental en jeu dans l’affaire Lettori, méritent d’être citées :
« Les universités italiennes reçoivent un financement généreux de l’UE. L’Italie a reçu la plus grande part du Fonds de relance. Certes, l’éthique de la réciprocité exige que l’Italie obéisse à l’État de droit et mette en œuvre le dernier arrêt de la CJUE en faveur des lettori : l’affaire C‑119/04.»
Dans l’un de ses premiers actes en fonction, Gianna Fracassi, nouvelle secrétaire générale du FLC CGIL a écrit au commissaire Schmitappelant également au renvoi immédiat de l’affaire Lettori devant la CJUE. Le fait que FLC CGIL demande à la Commission européenne de poursuivre en justice le pays dont il est le plus grand syndicat pour traitement discriminatoire envers les travailleurs étrangers est très probablement une nouveauté dans les représentations syndicales supranationales, et cette démarche apporte un soutien faisant autorité à la campagne Lettori. La lettre, qui a été envoyée en copie à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et à la ministre italienne des Universités, Anna Maria Bernini, a également été envoyée à tous les députés européens italiens.
Le syndicat FLC CGIL se range du côté des Lettori
En pourcentage de l’ensemble des membres du FLC CGIL, la composante Lettori est négligeable. Si le syndicat s’est rangé si fortement et si publiquement du côté des Lettori, c’est grâce au travail inlassable et à la persuasion minutieuse de John Gilbert, un Lettore de l’Université de Florence. Un rôle déterminant dans l’organisation du Manifestation de décembre devant les bureaux du ministre Bernini, son discours bien reçu à ses collègues à cette occasion a abordé de nombreux points soulevés lors du récent Lettre FLC CGIL au commissaire Schmit.
Si la demande de FLC CGIL à la Commission de poursuivre en justice le pays dans lequel elle est légalement établie est nouvelle, la conduite de l’Asso.CEL.L, basée à l’Université « La Sapienza » de Rome, plaignante officielle dans la procédure d’infraction de la Commission, est également atypique pour les syndicats. Une politique de non-prise en charge des cotisations a libéré Asso.CEL.L de tout besoin d’auto-promotion et, ce faisant, lui a valu la confiance du Lettori dans tout le pays.
C’est bien conçu site webqui reçoit des milliers de visites et de téléchargements chaque année, vise à informer les visiteurs du site sur ce qui est devenu un cas test de l’applicabilité des dispositions du Traité face à l’opposition d’un État membre intransigeant. Le Recensement Cette page présente, université par université, les résultats de l’enquête nationale réalisée avec FLC CGIL, qui a documenté à la satisfaction de la Commission le non-paiement des indemnités dues à Lettori en vertu de la jurisprudence de la CJUE.
Ce recensement est évoqué dans la question des parlementaires irlandais à la Commission. Contenant des détails sur les bénéficiaires du jugement dans l’affaire C-119/04, leurs années de service, les paramètres les plus favorables obtenus devant les tribunaux italiens locaux, il s’agit d’une banque de données à partir de laquelle les indemnités dues aux Lettori pourraient facilement être calculées et effectuées. C’est dans ce contexte qu’il convient de remettre en question la bonne foi du récent décret-loi, qui renvoie une fois de plus à la législation future les modalités de paiement des indemnités à Lettori.
En attente de l’arrêté interministériel
Comme encore un autre Journée Pilar Allué (la date annuellement commémorée du 30 mai 1989 et la première victoire d’Allué devant la CJUE), les avocats d’Asso.CELL et de FLC CGIL attendent toujours la publication de l’arrêté interministériel promis dans le décret-loi du 4 mai.
Alors qu’un communiqué de presse annonce que la ministre des Universités et de la Recherche, Anna Maria Bernini et le ministre de l’Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti, ont signé le décret interministériel qui prévoit des implantations pour la reconstruction de carrière, à la grande frustration des Lettori, le texte de la loi lui-même n’a pas été rendu public.
La reconstruction de la carrière due est-elle strictement conforme à l’arrêt de la CJUE dans l’affaire C-119/04 ou si le décret interministériel sera une mesure supplémentaire par laquelle l’Italie tentera à nouveau de se soustraire à ses obligations envers les Lettori en vertu de la jurisprudence de la Cour. Compte tenu des nombreuses interprétations erronées de l’arrêt de la Cour, Lettori commémorant Journée Pilar Allué cette semaine, ils étaient naturellement sceptiques.
Sous le Règlement intérieur du Parlement européen, la Commission dispose désormais de 6 semaines pour répondre à la question des parlementaires irlandais.
Publié à l’origine dans The European Times.



