Hier, Tony Blair a de nouveau échangé directement avec Donald Trump pour affiner les contours de l’autorité transitoire qui doit administrer Gaza après la guerre. Ce projet, baptisé Gaza International Transitional Authority, prévoit la mise en place d’un cadre international chargé d’assurer la sécurité, de gérer la reconstruction et d’organiser, à terme, un transfert de pouvoir vers une Autorité palestinienne réformée. Blair, en première ligne, serait épaulé par un « Board of Peace » international qui fixerait les grandes orientations.
Le cœur du dispositif repose sur une force multinationale de stabilisation composée de plusieurs pays clés : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, l’Égypte, la Turquie, le Pakistan, ainsi que d’autres partenaires arabes et musulmans. Leur mission : sécuriser Gaza, prévenir toute reprise des combats, superviser le désarmement progressif des factions armées et protéger les populations civiles. Cette coalition militaire, placée sous mandat international, doit garantir que le territoire ne sombre pas à nouveau dans le chaos.
Sur le plan institutionnel, le projet prévoit la création d’un exécutif provisoire formé de technocrates palestiniens indépendants, chargés des affaires courantes : santé, éducation, infrastructures, finances. Une justice civile sera rétablie, avec un système judiciaire censé être neutre et transparent. Une police palestinienne « non partisane » sera également mise en place, encadrée par des conseillers internationaux. Le siège de cette autorité resterait temporairement en Égypte, probablement à El-Arish, avant son transfert progressif dans la bande de Gaza lorsque la situation sécuritaire le permettra.
La durée de cette transition est estimée entre trois et cinq ans, le temps de restaurer les services publics, de reconstruire les infrastructures et d’organiser des élections sous l’égide d’une Autorité palestinienne réformée. Un dispositif inédit, baptisé Property Rights Preservation Unit, doit aussi garantir que les habitants déplacés conservent leurs droits fonciers et puissent regagner leurs biens.
Le rôle du Qatar est déterminant. Après avoir obtenu des excuses publiques de Benyamin Netanyahou, Doha a accepté de reprendre son rôle de médiateur dans les négociations. Son influence auprès du Hamas, mais aussi sa capacité à dialoguer avec Washington et les pays arabes, fait du Qatar un acteur incontournable dans ce processus.
Hier à la Maison-Blanche, Netanyahou et Trump ont affiché une convergence totale. Tous deux voient dans ce plan non seulement un moyen de stabiliser Gaza, mais aussi une étape vers une solution politique plus large. Trump a déclaré que la solution à deux États pourrait redevenir possible si ce cadre transitoire, piloté par Tony Blair et soutenu par les puissances régionales, parvient à créer les conditions de confiance nécessaires.
Face à cette coalition internationale et à la pression régionale, le Hamas n’a plus d’autre choix que d’accepter ce plan. Le désarmement progressif, la fin de son pouvoir militaire et l’intégration à un processus politique supervisé apparaissent désormais inéluctables. Le mouvement islamiste sait qu’un refus l’isolerait totalement et entraînerait son affaiblissement définitif.
Ce projet, présenté comme une solution pragmatique et inévitable, se veut la réponse au chaos de Gaza. Mais reste une question centrale : cette paix imposée de l’extérieur mènera-t-elle vraiment vers une souveraineté palestinienne et une coexistence durable, ou ne sera-t-elle qu’une nouvelle forme de tutelle qui prolongera la frustration et le désespoir des Gazaouis ?




