Un enfant gravement vulnérable est mort de faim à onze ans, dans le salon familial. Au terme d’un procès devant la cour d’assises du Hainaut, le père d’Esekia, Gilles Viaene, a été condamné jeudi à 21 ans de réclusion criminelle pour meurtre. La mère, Marjorie Brizard, a reçu une peine de dix ans de prison pour privation de soins et de nourriture ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Le dossier a mis au centre de l’audience l’extrême fragilité de l’enfant, lourdement handicapé, et l’ampleur de la négligence qui a précédé son décès. Esekia ne pesait plus que douze kilos au moment de sa mort. Cette donnée, à elle seule, a rappelé la dépendance totale dans laquelle se trouvait l’enfant à l’égard des adultes chargés de veiller à son alimentation, à son suivi quotidien et à sa protection.
La différence entre les deux condamnations traduit une qualification pénale distincte. Pour Gilles Viaene, les jurés ont retenu le meurtre, ce qui implique une responsabilité criminelle plus lourde. Pour Marjorie Brizard, la cour a retenu la privation de soins et de nourriture ayant entraîné la mort, sans intention homicide. Dans une affaire de justice criminelle, cette distinction détermine directement l’échelle de la peine et la manière dont les responsabilités individuelles sont juridiquement établies.
Le procès s’inscrit dans un domaine particulièrement sensible, celui de la maltraitance infantile et de la protection des enfants en situation de dépendance. La mort d’un mineur handicapé par absence de nourriture et de soins interroge le rôle des adultes responsables et la capacité des dispositifs de vigilance à repérer les situations de danger. Sans élargir le dossier au-delà des faits jugés, l’affaire rappelle que la vulnérabilité liée au handicap impose une obligation renforcée de prise en charge.
La décision rendue par la juridiction hennuyère clôt le volet criminel de cette affaire par deux peines nettement différenciées, centrées sur les faits retenus contre chacun des parents. Elle fixe aussi, dans le cadre du droit pénal belge et sous l’autorité des juridictions compétentes présentées par le SPF Justice, une réponse judiciaire à la mort d’un enfant dont l’état de dénutrition avait atteint un niveau extrême.






