Poivre sauvage de Madagascar : l’épice qui parfume cuisines et marchés voit ses populations diminuer dans les forêts de Madagascar. La pression liée à la collecte commerciale s’ajoute à une menace majeure : les feux de brousses allumés pour la production de charbon de bois et pour la pratique de la culture sur brûlis, qui fragmentent et réduisent l’habitat naturel de cette liane aromatique.
Ce phénomène fragile mobilise aujourd’hui des acteurs locaux et des transformateurs qui explorent la domestication de la plante pour répondre à la demande sans épuiser les ressources sauvages. Des démarches de culture et de mise en valeur cherchent à rapprocher la production des marchés nationaux et internationaux tout en valorisant la récolte durable. Le passage de la cueillette à la culture implique toutefois des techniques de multiplication, des conditions culturales spécifiques et des circuits de commercialisation adaptés, autant de défis pour les communautés concernées.
Les feux destinés au charbon et à l’extension des terres agricoles aggravent la situation en éliminant les lianes matures et en empêchant la régénération naturelle. La perte d’habitats crée des îlots de populations isolées, plus vulnérables aux prélèvements intensifs. Pour limiter ces effets, des approches combinant protection de zones forestières, pratiques de récolte contrôlées et alternatives économiques aux activités destructrices sont nécessaires. Des initiatives locales et des projets de développement pourraient jouer un rôle déterminant si elles sont soutenues techniquement et financièrement.
La domestication représente une voie prometteuse mais non exclusive : elle peut réduire la pression sur les gisements sauvages tout en offrant des revenus stables aux producteurs. Il reste essentiel d’accompagner ces efforts par des recherches sur la biologie de l’espèce, des mesures de conservation in situ et des mécanismes d’accès aux marchés qui récompensent les pratiques durables. À défaut d’une réponse coordonnée, le risque est de voir s’appauvrir à la fois la ressource et les savoirs traditionnels qui lui sont associés, avec des conséquences pour l’économie locale et la biodiversité.






