À la suite du point de presse tenu ce mercredi 6 mai 2026 par Félix Tshisekedi, les déclarations évoquant un possible report des élections de 2028 en raison de la guerre à l’Est du pays, ainsi que l’éventualité assumée d’un troisième mandat sous prétexte d’un prétendu “souhait du peuple”, suscitent une profonde inquiétude parmi de nombreux Congolais, tant au pays qu’au sein de la diaspora.
Ces propos apparaissent comme les signes avant-coureurs d’une remise en cause progressive des principes démocratiques et constitutionnels pour lesquels le peuple congolais s’est battu au prix d’immenses sacrifices.
Face à cette situation préoccupante, il devient urgent que toutes les forces attachées à la défense de la démocratie, de l’État de droit et de l’intégrité de la République démocratique du Congo se lèvent et s’organisent autour d’une dynamique commune.
Le temps des hésitations, des divisions et des calculs personnels doit prendre fin.
L’avenir de la nation congolaise dépasse désormais les intérêts individuels, partisans ou communautaires. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la préservation de l’ordre constitutionnel, la stabilité des institutions républicaines et le droit du peuple congolais à choisir librement ses dirigeants dans le respect des échéances démocratiques.
Il est particulièrement préoccupant de constater que pendant que l’opposition et certaines forces citoyennes peinent encore à parler d’une seule voix, le pouvoir, lui, avance méthodiquement dans la mise en œuvre de sa stratégie politique. Une question essentielle se pose dès lors à tous les patriotes : quelle alternative crédible et organisée proposons-nous face aux dérives qui se profilent ?
Il devient impératif de construire rapidement une large coalition nationale capable de fédérer les forces politiques, citoyennes et sociales autour d’un objectif commun : sauver la démocratie congolaise.
Cette mobilisation ne pourra réussir sans l’implication active de la société civile, des mouvements citoyens, des jeunes, des femmes, des intellectuels, des leaders religieux ainsi que de toutes les forces vives de la nation. Le combat pour la démocratie ne peut être l’affaire exclusive des partis politiques ; il doit devenir une cause nationale.
Par ailleurs, un important travail diplomatique et médiatique doit être engagé au niveau international. Les défenseurs de la démocratie congolaise doivent réinvestir les espaces diplomatiques, institutionnels et médiatiques afin de porter une autre voix du Congo : celle du respect de la Constitution, de l’alternance démocratique et de la souveraineté populaire.
La bataille qui s’annonce sera à la fois nationale et internationale.
J’en appelle également à l’unité de tous les Congolais de bonne volonté, quelles que soient leurs sensibilités politiques, leurs origines ou leurs convictions idéologiques. Tous ceux qui refusent les dérives autoritaires et qui restent attachés à un Congo démocratique, libre et souverain doivent pouvoir se retrouver dans cette dynamique patriotique.
L’histoire jugera notre capacité à nous unir face aux menaces qui pèsent sur notre démocratie.
Le peuple congolais attend aujourd’hui du courage, de la lucidité, de la cohérence et surtout des actions concrètes.
Palmer Kabeya, activiste congolais exilé en Belgique et président de Freedom & justice congo




