De l’Afrique à l’Antarctique, des abysses à l’espace, trois siècles d’explorations françaises

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Le musée de l’Armée présente trois siècles d’explorations françaises, de Bougainville à Sophie Adenot. En insistant sur le rôle prépondérant des militaires.

Le pouvoir, la science et l’armée. Depuis 300 ans, c’est sur cette trinité que repose un enjeu majeur de la souveraineté française : l’exploration sous toute ses formes, sur tous les continents, des abysses à l’espace et même au cyberespace.

L’exposition Explorations : une affaire d’État ? que présente le musée de l’Armée, dans le prestigieux écrin de l’hôtel des Invalides, montre à quel point l’État s’est tenu au centre des enjeux financiers, logistiques, technologiques, géopolitiques et même humains, notamment à travers ses militaires. Faut-il rappeler que le premier Français de l’espace, Jean-Loup Chrétien, est pilote de chasse, et que sa lointaine successeure Sophie Adenot porte aujourd’hui le grade de colonel ?

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Briller par la connaissance scientifique

Avant eux, c’est un officier de marine, le comte Louis-Antoine de Bougainville, qui accomplit, de 1766 à 1769 le premier tour du monde commandité par le gouvernement français. Avec un enjeu simple : continuer d’exister face aux autres puissances européennes, et remonter la pente derrière le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas et l’Angleterre. A l’instigation du roi Louis XV, il réunit donc scientifiques, militaires et ingénieurs, et mit cap au sud. Les officiers Jean-François de La Pérouse, Nicolas Baudin et Jules Dumont d’Urville s’inscrivirent plus tard dans le même sillage, en se lançant sur les océans pour cartographier la planète, en inventorier les espèces, en ramener quelques spécimens et briller par la connaissance scientifique. Bonaparte et sa « commission scientifique » lors de la campagne d’Egypte (1798-1801), puis les expéditions de Morée (1829), d’Algérie (1839-1841) ou du Mexique (1864-1867) suivront des chemins comparables.

Paul Merwaert, «Monsieur Gentil», 1899, Centre national des arts plastiques. Ancien officier de marine devenu administrateur colonial et spécialiste de l’hydrographie, Émile Gentil remonta les fleuves Oubangui et Chari à bord d’un bateau à vapeur démontable. © Musée du quai Branly – Jacques Chirac / Claude Germain

Un instrument de la colonisation

Avec l’avènement de la IIIe République, l’exploration devient -dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu- un instrument de la colonisation. L’armée est mandatée pour s’approprier de nouveaux territoires et les ressources y afférentes, à travers des traités souvent léonins et le recours à la force lorsque se font jour des résistances, des révoltes et des insurrections. Des affiches, des photos, des dessins, des œuvres d’art témoignent dans l’exposition du choc culturel et du racisme qui émaillent la rencontre avec les populations locales, mais aussi des dangers – notamment sanitaires – qui guettent les troupes coloniales.

Panneau de porte représentant le capitaine Marchand dans son hamac, Côte d’Ivoire, musée Africain de Lyon.

Panneau de porte représentant le capitaine Marchand dans son hamac, Côte d’Ivoire, musée Africain de Lyon. © Musée africain de Lyon / Jean-Julien Ney

Exploration verticale

Depuis le milieu du XXe siècle et avec le début de la guerre froide, l’exploration du monde est devenue « verticale » : l’espace et les abysses sont devenus les nouvelles frontières à dépasser. Une compétition technologique qui reste toujours très politique, avec des enjeux stratégiques et économiques majeurs, qui se retrouvent au cœur de l’actualité.

Explorations : une affaire d’État ? au musée de l’Armée jusqu’au 16 août 2026.

Colonel Sophie Adenot.

Colonel Sophie Adenot. © Jean-Luc Brunet / Armée de l’Air et de l’Espace


Source:

www.rfi.fr

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