La Chine a bon espoir que la Belgique joue un rôle positif dans l’amélioration de ses relations économiques et commerciales avec l’Union européenne, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à son homologue Maxime Prévot, en visite à Pékin.
Source: Belga
M. Prévot est en mission économique en Chine et à Hong Kong depuis lundi. Outre plusieurs visites d’entreprises et quelques arrêts culturels, le ministre s’est entretenu avec M. Wang et le vice-Premier ministre He Lifeng.
En prélude à la rencontre, M. Wang a souligné que la Chine et la Belgique défendaient des intérêts similaires et accordaient une grande importance au bilatéralisme et au droit international. Il a également déclaré que la Chine souhaitait coopérer plus étroitement avec la Belgique et l’UE et qu’il espérait que la Belgique puisse jouer un rôle positif pour faciliter les relations entre Pékin et Bruxelles.
Concurrence chinoise
Après l’entretien, Maxime Prévot a évoqué des discussions ouvertes et franches avec ses interlocuteurs, au cours desquelles les relations commerciales ont été abordées en détail. “En Europe, nous sommes victimes d’une concurrence chinoise que nous jugeons déloyale et qui hypothèque notre compétitivité et notre prospérité. Il faut comprendre que l’UE ne réagit pas par hostilité, mais pour défendre nos intérêts économiques et industriels”, a-t-il déclaré.
Le ministre a également plaidé pour une “approche axée sur les solutions afin de trouver ensemble la voie à suivre vers un développement économique profitable aux deux parties, sans tomber dans une escalade de mesures perturbatrices”.Dans une lettre adressée en mars à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) avait déjà appelé à l’élaboration d’un plan stratégique européen pour faire face à la concurrence chinoise. Il propose notamment de clarifier les conditions dans lesquelles l’instrument anti-contrainte à l’encontre de Pékin pourrait être activé et de renforcer également d’autres instruments visant à lutter contre les distorsions du commerce international. Il insiste également sur la nécessité d’une coopération accrue avec les pays tiers et au sein même de l’UE. Cette question devrait être débattue lors du prochain sommet européen en juin.
Les tensions entre l’UE et la Chine se sont accrues ces dernières années en raison des pratiques protectionnistes de la Chine, qui favorisent un déséquilibre économique croissant. Le déficit commercial de l’UE avec la Chine a atteint 360 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 18 % en un an. La surcapacité et les distorsions du marché pèsent lourdement sur les entreprises européennes, qui dénoncent un accès limité au marché, des procédures opaques et une protection insuffisante de la propriété intellectuelle. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de détérioration des relations avec les États-Unis, ce qui incite l’UE à diversifier ses relations.M. Prévot a également abordé avec ses interlocuteurs politiques la situation géopolitique, de l’Ukraine et la Russie à l’Iran et au détroit d’Ormuz, ainsi que la question des droits de l’homme.
Ne pas faire de leçon
Au cours de ces discussions, il n’a pas voulu faire la leçon aux Chinois, a-t-il précisé, mais leur rappeler que, d’un point de vue historique, la Belgique défend le droit international et les droits de l’homme.
Il a également évoqué les intérêts économiques spécifiques de la Belgique, après avoir rendu visite, entre autres, à Geely, la société mère de Volvo, et à Alibaba, qui a fait de l’aéroport de Liège une porte d’entrée vers l’Europe grâce à son pôle de commerce électronique.Vendredi, M. Prévot a conclu sa mission de cinq jours à l’hôpital national de cancérologie de Langfang, où la société wallonne IBA teste actuellement une installation de protonthérapie, la plus avancée au monde, destinée au traitement du cancer. Cette installation pourrait être mise en service d’ici trois mois.
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