À la Une: vers un nouveau round de pourparlers entre Washington et Téhéran?

Les Iraniens et les Américains vont-ils entamer un nouveau cycle de négociations ? Le Monde à Paris résume la situation : « l’Iran déclare refuser de « négocier sous la menace » alors que l’incertitude sur des pourparlers avec les États-Unis demeure. »

En effet, les deux parties « font monter les enchères », s’exclame Libération. En fait, pointe le journal, « les échanges entre Téhéran et Washington – en tout cas ceux rendus publics – se focalisent sur deux points de désaccords. Premièrement, la question du programme nucléaire iranien, et en particulier le sort des 440 kilos d’uranium enrichi à 60%, profondément enfouis, difficilement accessibles, mais pas détruits par les frappes américaines de la “guerre de douze jours“, en juin dernier. Le second sujet de contentieux est la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, dont l’étranglement fait tousser l’économie mondiale depuis un mois et demi. »

Et le temps presse, relève encore Libération : « le compte à rebours du cessez-le-feu signé le 8 avril a commencé à clignoter : il est censé expirer demain soir, heure de Washington. À moins qu’un nouveau cycle de négociations ne vienne repousser l’échéance, in extremis. »

Vance vs Ghalibaf

Justement, plusieurs médias, dont le site d’information américain Axios, affirment que les deux parties vont négocier. « La délégation américaine va se rendre à Islamabad, au Pakistan, comme l’avait annoncé Trump, pour un second cycle de négociations avec le régime iranien, croit savoir El Pais à Madrid. Après une série de messages contradictoires, il semble désormais clair que le vice-président J.D. Vance se rendra dans la capitale pakistanaise ce mardi. »

Pour sa part, le New York Times, rapporte qu’une délégation iranienne « se prépare aussi à se rendre à Islamabad ce mardi. Le journal indique également que le président du parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a dirigé le premier cycle de négociations pour Téhéran, participera au second si Vance est bien présent. »

Et on peut s’attendre à un choc frontal, s’exclame le New York Times : « avec d’un côté un Trump impulsif et colérique ; et de l’autre, des dirigeants iraniens obstinés et tenaces. (…) Trump exige des résultats immédiats ; les dirigeants iraniens privilégient une stratégie à long terme. Trump recherche un résultat spectaculaire, qui fasse les gros titres ; les dirigeants iraniens se soucient du moindre détail. Trump croit que la force brute peut imposer l’obéissance ; les dirigeants iraniens sont prêts à endurer d’énormes souffrances plutôt que de céder sur leurs intérêts fondamentaux. »

Mauvais accord ou escalade…

L’Orient-Le Jour à Beyrouth n’est guère optimiste… « Soit les États-Unis acceptent un mauvais accord avec l’Iran, qui ne sera de toute façon pas respecté par Tel-Aviv et Téhéran, et la région, à l’instar de Gaza, se transformera pour les prochaines années en un glacis de ruines, une guerre d’usure sans le moindre horizon politique, jusqu’à ce qu’un élément interne ou externe vienne créer une rupture. Soit Washington fait une nouvelle fois le choix de l’escalade, qui aura un coût conséquent pour le Moyen-Orient, sans que cela ne permette pour autant de dessiner une voie de sortie crédible et durable. Il n’y aura ni paix ni stabilité dans la région tant que le régime iranien sera en place et tant que les Palestiniens n’auront pas un État digne de ce nom, affirme encore L’Orient-Le Jour. Le problème, c’est que ces deux desseins, intimement liés, apparaissent aujourd’hui dans l’esprit des principaux acteurs comme plus contradictoires que jamais. »

Les surprofits des pétroliers

Enfin, les grands gagnants dans cette guerre au Proche-Orient : les grandes compagnies pétrolières. C’est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. « Les surprofits pétroliers, ou l’indécence d’un surenrichissement non redistribué », s’exclame le quotidien belge. « Surprofits ? Le mot est lancé, et il n’a rien de populiste, soupire Le Soir. Car c’est bien de cela qu’il s’agit pour des géants de l’or noir qui vivent la pénurie de pétrole, comme une loterie miraculeuse où ils gagnent à la production, au raffinage et au “trading“. » Exemple, le Français Total Energies qui « a parié sur la pénurie dès le premier jour des frappes américaines et israéliennes », qui « a acheté en masse », et qui a « engendré un milliard de dollars de profits ».


Source:

www.rfi.fr

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