Des composants d’avions F-35 américains livrés à Israël via la France: une association dépose plainte contre le transporteur FedEx France pour « complicité de crime de génocide »

L’Union juive française pour la paix a porté plainte contre X à Paris, accusant FedEx d’avoir acheminé via la France des composants destinés à l’entretien d’avions F-35 utilisés par l’armée israélienne à Gaza, ce que l’entreprise conteste.

L’Union juive française pour la paix (UJFP) a annoncé mardi avoir déposé plainte à Paris contre X notamment pour « complicité de crime de génocide », une procédure visant FedEx pour son rôle présumé dans le transit de composants pour des avions de l’armée israélienne opérant à Gaza.

L’association reproche à la filiale française du transporteur américain d' »avoir mis en oeuvre le transport, l’acheminement et la livraison de composants essentiels d’avions de combat depuis les Etats-Unis vers Israël via la France », du matériel qui a servi à « entretenir et réparer des avions de combat F-35 utilisés par l’armée de l’air israélienne » dans des « bombardements et des missions de surveillance à Gaza ». Cette plainte, déposée lundi auprès du parquet national antiterroriste (Pnat), concerne « des faits susceptibles d’être qualifiés de complicité de crime de guerre, complicité de crime contre l’humanité et complicité de crime de génocide ».

« Nous ne faisons pas de livraison internationale d’armes ou de munitions », a répondu FedEx France.

La procédure s’appuie sur un rapport coécrit par le collectif Urgence Palestine, intitulé « les dessous des exportations militaires françaises vers Israël » et publié le 7 avril. La plainte répertorie 117 cargaisons envoyées entre début avril et fin octobre 2025 des Etats-Unis à Israël, faisant escale à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, alors toutes prises en charge par la société « FedEx Express FR ».

« La France ne livre pas d’armes à Israël »

Au départ de Paris, 22 d’entre elles ont été directement acheminées en Israël, dont au moins trois par des avions de la compagnie FedEx immatriculés en France, détaille le document. FedEx « ne pouvait pas ignorer qu’elle participait à la commission de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et du crime de génocide », affirme la plainte, estimant que la société « avait nécessairement connaissance du contenu des cargaisons ».

Depuis octobre, un cessez-le-feu très fragile est en vigueur entre Israël et le Hamas à Gaza. Les accusations de génocide se sont multipliées ces derniers mois, vivement rejetées par Israël. Fin mars, Israël a décidé de « ramener à zéro » ses importations militaires en provenance de France, dans un contexte de dégradation des relations bilatérales depuis la reconnaissance de l’Etat de Palestine par Paris en septembre.

« La France ne livre pas d’armes à Israël mais exporte des composants ayant vocation en particulier à être intégrés dans des systèmes défensifs ou à être réexportés vers des pays tiers », est-il indiqué dans le dernier rapport au Parlement français sur les exportations d’armement.


Source:

www.bfmtv.com

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