AccueilBelgiqueMichel Claise revient dans la magistrature après son passage en politique

Michel Claise revient dans la magistrature après son passage en politique

L’ancien juge d’instruction, connu pour son rôle dans le Qatargate, doit retrouver une fonction judiciaire à Bruxelles. Son retour soulève des questions sur la frontière entre engagement partisan et impartialité de la justice.

Michel Claise s’apprête à reprendre une activité judiciaire. Selon les informations publiées par La DH le 21 septembre 2026, il doit siéger à la chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles, sept mois après avoir démissionné de son mandat de conseiller communal à Forest. L’ancien magistrat explique avoir accepté cette proposition pour répondre au manque de personnel dans la justice.

Spécialisé dans la criminalité financière, Michel Claise s’est imposé comme une figure connue de la justice belge. Son parcours comprend notamment des enquêtes liées à la Belgolaise et à Fortis, des dossiers sensibles touchant aux relations entre finance, pouvoir et responsabilité pénale.

Son nom reste particulièrement associé au Qatargate, l’enquête sur des soupçons de corruption et d’ingérence au Parlement européen. Le volet concernant le Maroc, souvent appelé « Marocgate », a également alimenté le débat sur l’influence de puissances étrangères au sein des institutions européennes. Ces affaires ont placé sous les projecteurs les mécanismes de contrôle, la transparence et l’indépendance des responsables publics. Les soupçons examinés dans une enquête doivent toutefois être distingués des responsabilités établies par la justice.

Après avoir quitté ses fonctions de juge d’instruction, Michel Claise avait rejoint DéFI. Le parti avait annoncé sa candidature aux élections fédérales en janvier 2024. Il entendait alors mettre son expérience au service de la justice et de la lutte contre la criminalité financière dans le cadre d’un engagement politique.

Le retour annoncé ne correspond pas à une reprise de ses anciennes enquêtes. Siéger à la chambre du conseil constitue une fonction distincte de celle de juge d’instruction. Rien, dans les informations publiées sur ce retour, n’annonce qu’il reprendrait personnellement les dossiers Qatargate ou leur volet marocain.

La principale interrogation concerne son affiliation à DéFI, qu’il conserve selon La DH. Michel Claise estime que cette appartenance reste compatible avec une fonction judiciaire dès lors qu’il n’exerce plus de mandat politique. Son engagement partisan récent suscite néanmoins des questions sur l’apparence d’impartialité.

Le sujet dépasse le cas d’un seul magistrat. La justice doit pouvoir bénéficier de l’expérience de professionnels chevronnés, particulièrement lorsqu’elle manque d’effectifs. Mais son autorité repose aussi sur la confiance du public : chaque justiciable doit pouvoir être convaincu que son dossier sera examiné indépendamment de toute proximité politique.

Le retour de Michel Claise met ainsi en lumière une tension institutionnelle : comment mobiliser une expertise reconnue tout en préservant une séparation claire entre le débat partisan et l’exercice de la justice ? Une question essentielle pour une institution dont la crédibilité dépend autant de ses décisions que des garanties d’indépendance qui les entourent.

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