Un scrutin sous le choc des révélations
À Tanger, l’enquête sur des bulletins de vote suspects a conduit à cinq interpellations. Dans le même temps, le maire de la ville, Mounir Limouri, se trouve en Espagne. Son départ, survenu dans le contexte de cette affaire électorale, a immédiatement soulevé des questions : pourquoi le maire est-il à l’étranger alors que les investigations s’intensifient ? Limouri affirme qu’il s’agit d’un voyage professionnel et qu’il reviendra au Maroc pour répondre à la justice. L’affaire mêle désormais soupçons de falsification de bulletins, enquête judiciaire et controverse sur le déplacement du premier responsable de la ville. Hespress rapporte à la fois les éléments communiqués par le parquet et les déclarations du maire.
Des bulletins de vote suspects dans un sac
L’enquête porte sur des faits survenus lors des élections du 23 septembre 2026, autour d’un bureau de vote de l’école Al-Qods, dans le quartier de Casabarata. Selon les informations du parquet reprises par la presse marocaine, les recherches ont commencé après la découverte d’une personne transportant un sac contenant des bulletins électoraux. Les investigations ont ensuite mis en évidence une différence entre l’encre utilisée sur les bulletins saisis et celle employée dans les bureaux de vote concernés. Ces éléments alimentent les soupçons de fraude électorale à Tanger, sans permettre encore de conclure publiquement qui a conçu une éventuelle opération de falsification ni si les résultats du scrutin ont été modifiés. Les faits rapportés par le parquet sont détaillés ici.
Cinq interpellations et des responsabilités encore à établir
Le procureur général du Roi près la cour d’appel de Tanger a annoncé l’interpellation de cinq suspects. Quatre ont été présentés au parquet, tandis que le cinquième se trouvait encore en garde à vue au moment de cette communication. Parmi eux figurent des responsables de bureaux de vote et leurs adjoints. Le ministère public a demandé l’ouverture d’une instruction afin de reconstituer le parcours des bulletins, de déterminer le rôle de chaque personne et de rechercher d’éventuelles autres implications. Ce chiffre de cinq interpellations ne signifie pas que cinq personnes ont déjà été reconnues coupables : l’enquête et la procédure judiciaire doivent encore établir les faits et les responsabilités. Lire les éléments attribués au communiqué du parquet.
Mounir Limouri en Espagne : les soupçons et sa réponse
La présence du maire de Tanger en Espagne est devenue l’autre fait marquant du dossier. Hespress a rapporté qu’un avis de recherche avait été émis à son sujet dans le cadre des investigations. Limouri conteste toutefois la version selon laquelle il aurait fui la justice. Il déclare s’être rendu en Espagne pour rencontrer des partenaires commerciaux et annonce qu’il rentrera à Tanger pour répondre aux questions des autorités judiciaires. Ces déclarations devront être confrontées à la chronologie et aux éléments recueillis par les enquêteurs. À ce stade, le fait qu’il soit en Espagne ne prouve ni qu’il ait participé à la falsification présumée des bulletins ni qu’il ait quitté le Maroc pour échapper à la justice. Retrouvez ses déclarations sur son déplacement.
Ce que l’enquête doit encore révéler
Comment les bulletins sont-ils sortis du bureau de vote ? À quel moment auraient-ils été marqués ? Qui savait ce qui se passait à l’école Al-Qods ? Ces questions sont essentielles pour comprendre l’ampleur réelle du scandale électoral de Tanger. L’instruction devra aussi établir si les faits constatés se limitent aux personnes déjà interpellées ou si d’autres acteurs ont joué un rôle. Pour les électeurs, une autre interrogation demeure : l’intégrité des résultats a-t-elle été affectée ? Aucune réponse définitive ne peut être donnée avant les conclusions de l’enquête. Les soupçons sont graves ; leur examen doit être tout aussi rigoureux.
Une affaire qui dépasse le maire de Tanger
Le retentissement de cette affaire tient à la fois aux faits signalés dans un bureau de vote et à la place prise par Mounir Limouri dans le débat public. Le maire doit pouvoir répondre aux accusations et présenter sa version devant les autorités compétentes. Les citoyens, eux, doivent pouvoir connaître ce qu’il est advenu des bulletins et si leur vote a été correctement comptabilisé. C’est sur ces faits vérifiables, et sur les décisions de justice à venir, que devra se construire la réponse à ce scandale électoral à Tanger.




