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Péricardite, un simple rhume peut parfois être à l'origine de cette inflammation du cœur

« Le péricarde est une membrane très
fine, entre 1 à 2 mm d’épaisseur, qui enveloppe complètement le cœur,
ne laissant passer que les gros vaisseaux. Il est très solide et
résistant », explique le Dr Henri Benkemoun, cardiologue.
Il maintient le cœur en place dans la cage thoracique tout en lui
laissant une certaine liberté de mouvement. Sa rigidité contribue
aussi à limiter une dilatation excessive du cœur lors des
variations de pression.

Le péricarde est « une
séreuse (il existe 3 séreuses dans le corps humain : la plèvre
autour du poumon, le péritoine autour des organes de la cavité
abdominale et le péricarde autour du cœur), une
sorte de sac à double paroi avec un feuillet pariétal et l’autre
viscéral (ou épicarde), collé au myocarde », précise le
cardiologue. Ces deux feuillets sont séparés par un espace virtuel
– la cavité péricardique – contenant une faible quantité de liquide
lubrifiant, pour réduire les frottements lors des contractions
cardiaques.

Une barrière contre les agressions extérieures

Le péricarde joue aussi un rôle de

protection face aux infections et inflammations. « Son
rôle principal est d’isoler le cœur, en agissant comme une barrière
protectrice contre les infections », souligne le Dr
Benkemoun. Parmi les agents viraux fréquemment en cause figurent
notamment les entérovirus (Coxsackie types A et B, échovirus… ),
les adénovirus, l’influenza (virus de la grippe).

Les causes bactériennes, comme la tuberculose, sont plus rares,
tandis que les infections fongiques touchent surtout les personnes
immunodéprimées. L’inflammation du péricarde peut survenir
également dans un contexte de maladies auto-immunes (lupus… ),
d’insuffisance rénale, de cancers, de traumatismes (chirurgie
cardiaque ou traumatisme thoracique)…

La péricardite, une inflammation douloureuse

« La péricardite aiguë correspond à une inflammation
soudaine du péricarde, le plus souvent causée
par un virus bénin, comme un simple rhume, ou d’origine
idiopathique (sans cause apparente connue), indique le Dr
Benkemoun. Elle peut survenir à tout âge. » Elle
se présente sous forme « sèche » ou avec épanchement, c’est-à-dire
une accumulation excessive du liquide de la cavité péricardique. La
péricardite aiguë se manifeste le plus souvent par des douleurs
thoraciques et des difficultés respiratoires. Elle
peut devenir récidivante dans 30 % des cas.

Elle évolue le plus souvent favorablement grâce à un traitement
adapté, « qui repose sur des anti-inflammatoires non
stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène ou l’aspirine, associés à de
la colchicine pendant 3 mois », explique le Dr Benkemoun.
Le repos, avec l’arrêt temporaire de l’activité physique jusqu’à
disparition des symptômes, est également essentiel pour prévenir
les récidives. Dans de rares cas, elle peut évoluer vers une forme
chronique, caractérisée par un « péricarde fibreux et rigide,
formant une véritable gangue autour du cœur », ou se
compliquer en tamponnade cardiaque, urgence médicale due
à « un épanchement péricardique brutal et abondant qui
comprime le cœur », souligne notre expert.

Péricardite ou infarctus : comment
faire la différence ?

La douleur thoracique vive d’une péricardite ne se présente pas
comme celle d’un
infarctus du myocarde, qui est « oppressante, comme un
poids écrasant la poitrine, décrit le Dr
Benkemoun. À l’inverse, la douleur péricardique à type de
brûlure s’aggrave à l’inspiration profonde ou
en position allongée et s’apaise en position assise
penché en avant. Elle s’accompagne parfois d’un épanchement ou d’un
frottement péricardique. »

Ces signes cliniques orientent le diagnostic, mais ne permettent
pas de conclure seuls. Des examens complémentaires
(électrocardiogramme – ECG -, bilan biologique, radiographie
thoracique, échocardiographie) peuvent s’avérer nécessaires pour
confirmer le diagnostic. « Toute douleur thoracique
persistante n’est jamais anodine et doit amener à consulter ou à
appeler le 15 », insiste le cardiologue.

Notre expert : Dr Henri
Benkemoun, cardiologue à la clinique Saint-Pierre (ELSAN) à
Perpignan


Source:

www.topsante.com

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