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Exposition à Paris : cet automne, le musée Marmottan Monet dévoile le sens caché du paysage de Monet à Hockney

Cet automne, le musée Marmottan Monet à Paris et le musée de Grenoble explorent le paysage comme témoin de l’histoire, à travers une sélection emblématique d’œuvres, de 1890 à aujourd’hui.

Après avoir mis en lumière les montagnes chères à Segantini, ce sont de nouveaux paysages que s’apprête à arpenter le musée Marmottan Monet. S’associant au musée de Grenoble pour présenter une exposition consacrée à l’art du paysage, de 1890 à nos jours, l’exposition intitulée « Histoires de paysages (1890-2026) » se tiendra à Paris du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027, avant de partir pour Grenoble. Au fil d’un parcours chrono-thématique, où se croisent peinture, photographie, sculpture et vidéo, l’exposition montre en quoi le paysage, loin d’être un simple genre pictural, s’est imposé comme l’un des grands récits visuels de la modernité, débordant largement le cadre du tableau.

De Monet aux fractures du siècle

L’un des points de départ de l’exposition est hautement symbolique : le geste de Claude Monet, offrant à la France, au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, deux panneaux des Nymphéas(1916-1919) pour célébrer la victoire. Cette genèse dit déjà tout de l’ambition du projet, elle montre que le paysage peut être un acte de mémoire, une réponse à la violence de l’histoire, voire une forme de résistance. Depuis cette puissante donation, l’exposition déplie un vaste récit du XXe siècle et de ses prolongements contemporains.

Claude Monet (1840-1926), Nymphéas, vers 1916-1919, Huile sur toile, 150 x 197 cm, Paris, musée Marmottan Monet© musée Marmottan Monet / Studio, Christian Baraja SLB

Claude Monet (1840-1926), Nymphéas, vers 1916-1919 Huile sur toile, 150 x 197 cm, Paris, musée Marmottan Monet© musée Marmottan Monet / Studio, Christian Baraja SLB

Le paysage comme fenêtre ouverte sur le monde

Le paysage a longtemps été perçu comme un genre autonome, détaché de l’histoire, voué à la seule contemplation de la nature. L’exposition du musée Marmottan Monet prend le contrepied de cette lecture. Du tournant du XXe siècle à aujourd’hui, elle montre, au contraire, combien le paysage n’a cessé d’absorber les secousses du monde. Le parcours de l’exposition, structuré en onze sections, ne cherche pas à retracer une évolution esthétique, mais à comprendre comment le paysage est devenu un lieu de condensation des grandes problématiques modernes. Guerres, quête des origines, rapport à la nation, deuil, oubli, utopies… Qu’il soit lié à l’idée de territoire et d’appartenance, traversé par l’abstraction, ou chargé d’une mémoire blessée, le paysage devient un espace où se lisent les fractures du siècle.

Félix Édouard Vallotton (1865-1925), Verdun, tableau de guerre interprété (sic), projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés,nuées de gaz, peint entre le 10 et le 27 décembre 1917, Huile sur toile, 114 x 146cm, Paris, musée de l’Armée © Paris - Musée de l'Armée, Dist. GrandPalaisRmn / image musée de l'ArméeFélix Édouard Vallotton (1865-1925), Verdun, tableau de guerre interprété (sic), projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés,nuées de gaz, peint entre le 10 et le 27 décembre 1917, Huile sur toile, 114 x 146cm, Paris, musée de l’Armée © Paris - Musée de l'Armée, Dist. GrandPalaisRmn / image musée de l'Armée

Félix Édouard Vallotton (1865-1925), Verdun, tableau de guerre interprété (sic), projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés,nuées de gaz, peint entre le 10 et le 27 décembre 1917, Huile sur toile, 114 x 146cm, Paris, musée de l’Armée © Paris – Musée de l’Armée, Dist. GrandPalaisRmn / image musée de l’Armée

Une histoire de notre temps dans le paysage

Les oeuvres présentées, telles que Nuit d’hiver (1923) d’Edvard Munch (1863-1944) et Lune rousse reflet (2022) de Caroline Bachmann (née en 1963), illustrent la capacité de la sélection d’œuvres à couvrir une vaste chronologie. En embrassant la période 1890-2026, elle relie les expérimentations de la modernité aux technologies et productions artistiques actuelles.

Caroline Bachmann (née en 1963), Lune rousse reflet, 2022, Huile sur toile, 40 x 30 cm, Sotteville-lès-Rouen, collection Frac Normandie Inv. 2023.002.1 Credit line : Gregor Staiger © Caroline BachmannCaroline Bachmann (née en 1963), Lune rousse reflet, 2022, Huile sur toile, 40 x 30 cm, Sotteville-lès-Rouen, collection Frac Normandie Inv. 2023.002.1 Credit line : Gregor Staiger © Caroline Bachmann

Caroline Bachmann (née en 1963), Lune rousse reflet, 2022, Huile sur toile, 40 x 30 cm, Sotteville-lès-Rouen, collection Frac Normandie, Inv. 2023.002.1, Credit line : Gregor Staiger © Caroline Bachmann

Le paysage n’y est plus envisagé comme un motif stable, mais comme une forme vivante. Cette lecture élargie permet de faire dialoguer différentes pratiques artistiques. La peinture y conserve une place essentielle, mais elle n’est plus seule : photographie, sculpture et vidéo participent, elles aussi, à cette écriture du monde par le paysage.

Walker Evans (1903-1975), Homes and land cultivation. Arthurdale project. Reedsville, West Virginia [Logements et exploitation agricole. Projet Arthurdale. Reedsville, Virginie- Occidentale], juin 1935, photographie, 20,3 × 25,4 cm, New York, The New York Public Library Digital Collections, collection de photographies, section d’art, d’estampes et de photographies Miriam et Ira D. Wallach CC0 New York Public Library © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of ArtWalker Evans (1903-1975), Homes and land cultivation. Arthurdale project. Reedsville, West Virginia [Logements et exploitation agricole. Projet Arthurdale. Reedsville, Virginie- Occidentale], juin 1935, photographie, 20,3 × 25,4 cm, New York, The New York Public Library Digital Collections, collection de photographies, section d’art, d’estampes et de photographies Miriam et Ira D. Wallach CC0 New York Public Library © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art

Walker Evans (1903-1975), Homes and land cultivation. Arthurdale project. Reedsville, West Virginia [Logements et exploitation agricole. Projet Arthurdale. Reedsville, Virginie- Occidentale], juin 1935, photographie, 20,3 × 25,4 cm, New York, The New York Public Library Digital Collections, collection de photographies, section d’art, d’estampes et de photographies Miriam et Ira D. Wallach CC0 New York Public Library © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art

Deux musées, deux étapes

Après une première présentation au musée Marmottan Monet à Paris, l’exposition sera accueillie par le musée de Grenoble du 5 mars au 4 juillet 2027. Ce double ancrage souligne l’ambition du projet : inscrire cette réflexion sur le paysage dans un dialogue entre collections, territoires et regards.

« Histoires de paysages  (1890-2026) »Musée Marmottan Monet,  2, rue Louis Boilly, 75016 ParisDu 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027


Source:

www.connaissancedesarts.com

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