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Ni paix, ni guerre, la situation entre l’Iran et les États-Unis toujours volatile

La reprise des discussions entre Américains et Iraniens pour tenter de trouver un accord de paix est en principe prévue aujourd’hui au Qatar. Les États-Unis envoient leurs négociateurs de haut niveau tandis que l’Iran parle de discussions techniques. Ces discussions suivent plusieurs jours d’incertitude et d’accrochages qui rendent la situation difficile à décoder.  

Ni tout à fait la guerre ni tout à fait la paix, c’est le lot quotidien depuis la signature du protocole d’accord et le premier round de discussions en Suisse. Le week-end dernier, les États-Unis ont bombardé le territoire iranien en réponse, selon Washington, à l’attaque par l’Iran de deux navires qui tentaient de passer le détroit d’Ormuz. Téhéran a choisi de bombarder des voisins de la région : le Koweït et Bahreïn. Des violations manifestes du cessez-le feu dont les deux partis s’accusent mutuellement, mais qui sont suspendues à l’aube de la reprise des discussions. C’est presque comme si ces frappes de part et d’autre étaient une forme de dialogue ou au moins une façon d’établir un rapport de force avant de discuter.  

Gérer la navigation

L’un des nœuds de la négociation, c’est la question du détroit d’Ormuz. Et c’est d’ailleurs largement autour de cette question que les discussions prévues à partir d’aujourd’hui doivent tourner. Après une réouverture de la navigation, le trafic y a ralenti ce week-end en raison des attaques. L’Iran répète depuis des semaines en dépit de l’opposition des États-Unis qu’il n’y aura pas de retour à la situation d’avant-guerre – quand le passage était gratuit. Et a menacé les navires tentés de contourner l’itinéraire qu’elle autorise. Les autorités iraniennes considèrent que c’est à elles de gérer la navigation et le passage par le détroit. En face, le sultanat d’Oman, qui borde aussi le détroit d’Ormuz a proposé une route alternative, au moins pour accélérer le transit et la circulation des navires toujours bloqués dans le Golfe persique. L’Iran confirme qu’une réunion avec les autorités omanaises a eu lieu à propos de la circulation dans le détroit. Le sultan d’Oman était hier en visite à Paris. À cette occasion, le président français Emmanuel Macron annonce que les deux pays vont collaborer, avec leurs partenaires au déminage du détroit. 

À lire aussiLe détroit d’Ormuz au cœur de la première visite officielle du sultan d’Oman en France

Avoirs gelés

Ce n’est pas la seule question en jeu à l’occasion de la reprise des discussions. Il y a aussi la question financière. Et d’ailleurs, cela tombe assez bien que la discussion soit prévue au Qatar. Car c’est justement dans l’Émirat que sont situés actuellement une partie des avoirs iraniens gelés et qui doivent être débloqués aux termes du protocole d’accord. Cela fait dix jours qu’il a été signé et une semaine que les discussions ont commencé en Suisse. Et pour l’instant, Téhéran n’a pas récupéré un dollar. Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que les démarches nécessaires pour les débloquer étaient « en cours». C’est sans doute pour cela que l’Iran parle de discussions techniques. Parce c’est technique, mais c’est important. On parle de six milliards de dollars sur une douzaine qui sont actuellement situés au Qatar. Six milliards, c’est exactement la somme qui avait été convenue lors d’un accord d’échange de prisonniers entre l’Iran et les États-Unis de Joe Biden en septembre 2023. Le paiement avait été suspendu après l’attaque du 7 octobre en raison du soutien iranien au Hamas. On a le droit d’imaginer que ce n’est pas tout à fait un hasard. Cela équivaut à dire, et c’est assez savoureux, que l’Iran insiste pour que Donald Trump honore un engagement qu’il avait vertement reproché à Joe Biden.  


Source:

www.rfi.fr

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