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La France ne prévoit plus de l'acquérir car "il a cinq ans de retard": Airbus va plancher sur une version maritime de l'Eurodrone pour aider le Japon à surveiller ses vastes zones maritimes

Malgré le désengagement de la France qui juge l’appareil obsolète, Airbus s’associe au japonais Kawasaki Heavy Industries pour étudier une version maritime de l’Eurodrone, destinée à la lutte anti-sous-marine et à la surveillance souveraine des côtes nippones.

Airbus a signé vendredi un protocole d’accord avec le groupe Kawasaki Heavy Industries pour étudier le développement d’une version japonaise de l’Eurodrone, un drone de renseignement et de surveillance militaire que la France ne prévoit plus d’acquérir.

Dans le cadre de ce protocole, « Airbus, en coopération avec Kawasaki Heavy Industries, analysera les opportunités de travailler sur une version japonaise de lutte anti-sous-marine de l’U950 Eurodrone », annonce le géant européen de l’aéronautique dans un communiqué.

Les Japonais veulent leur propre version

Dans un second temps, des discussions seront engagées pour développer « la conception, le développement et la commercialisation » d’une version maritime japonaise de l’Eurodrone, développe Airbus.

« Tout cela vise à garantir que le Japon puisse exploiter l’Eurodrone de manière souveraine et sans restriction, si le pays décidait d’acquérir ce système », poursuit le groupe.

Pour le Japon, le projet présente un intérêt particulier en raison de l’étendue de ses zones maritimes à surveiller. Or l’Eurodrone, encore en développement, est conçu pour couvrir des missions allant du renseignement aéroporté à la patrouille maritime, avec une capacité adaptée aux opérations en mer comme à la lutte anti-sous-marine. « Le Japon détient le statut d’observateur dans le programme Eurodrone depuis 2023 », ajoute Airbus, précisant que l’Inde est également observateur.

Pas encore lancé, déjà obsolète ?

Lancé en 2015 après l’échec de plusieurs précédents programmes européens visant à faire émerger une filière de drones MALE (Medium altitude, long endurance), l’Eurodrone est développé conjointement par la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Il est censé constituer une alternative au Reaper américain. Cette annonce intervient alors que l’avenir du programme est devenu incertain en France.

« C’est le drone d’hier que nous aurons demain, parce qu’il a cinq ans de retard », a déclaré le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger, en novembre 2025 devant le Sénat.

Dans l’actualisation de la loi de programmation militaire présentée en avril, le gouvernement a supprimé les crédits destinés à l’acquisition de six systèmes Eurodrone, estimant que l’appareil était moins adapté à la haute intensité que les nouvelles générations de drones. Une décision qui a poussé Dassault, partenaire industriel du projet, à réclamer une compensation financière au groupe aérospatial. Airbus continue toutefois de défendre l’appareil, dont le premier vol est prévu en 2029.

« L’Eurodrone ne sera pas dépassé quand il rentrera en service. Ses capacités dépassent celles de la concurrence actuelle (…) C’est du haut de gamme », déclarait Jean-Brice Dumont, patron des avions militaires d’Airbus, en mai. « Un certain nombre de pays dans le monde montrent un intérêt réel à ce type de plateforme. Peut-être pas nécessairement pour les missions voulues initialement », a-t-il souligné.


Source:

www.bfmtv.com

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