Un cessez-le-feu annoncé unilatéralement par Kiev est entré en vigueur à minuit dans la nuit de mardi 5 à mercredi 6 mai, au lendemain de frappes russes qui ont fait au moins 28 morts en Ukraine. Vers 4 h 30 GMT, plus de sept heures après le début de cette trêve, aucune attaque ukrainienne n’avait été rapportée par les autorités russes.
Côté ukrainien, en revanche, des alertes ont retenti dans plusieurs régions et les autorités ont fait état de deux personnes blessées dans des frappes à Kharkiv, près de la frontière russe, ainsi que d’un équipement industriel touché dans la région de Zaporijjia.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu que Kiev répondrait « de manière symétrique » à toute violation de son cessez-le-feu, alors que la Russie a annoncé elle-même une trêve pour les célébrations de la victoire contre l’Allemagne nazie, le 9 mai.
À lire aussiParanoïa ou guerre psychologique : Poutine se méfie-t-il de son ombre ?
La journée de mardi s’est avérée particulièrement sanglante, avec au total 28 personnes tuées en Ukraine, selon un bilan des autorités locales actualisé mercredi.
« Nous avons besoin de l’arrêt de telles frappes et de toutes les autres du même genre chaque jour, et pas seulement de quelques heures quelque part, au nom de ‘célébrations' », a souligné Volodymyr Zelensky. « C’est d’un cynisme absolu que de demander un cessez-le-feu afin d’organiser des célébrations de propagande, tout en menant chaque jour de telles frappes », a-t-il dénoncé.
Appel entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov
Les frappes russes de mardi ont tué 12 personnes à Zaporijjia, six à Kramatorsk, quatre à Dnipro, quatre à Poltava, une à Kharkiv et une à Nikopol.
Une attaque ukrainienne de drones sur la Crimée occupée a par ailleurs fait cinq morts mardi soir dans la localité de Djankoï, selon les autorités russes.
« À quelques heures seulement de l’entrée en vigueur de la proposition de cessez-le-feu de l’Ukraine, la Russie ne montre aucun signe de préparation visant à mettre fin aux hostilités. Au contraire, Moscou intensifie la terreur », avait constaté mardi sur X le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiga.
À lire aussiAprès 1 500 jours de guerre, l’Ukraine souffre mais marque des points contre la Russie
L’Ukraine demande de longue date une trêve prolongée pour favoriser des négociations afin d’arrêter la guerre déclenchée par l’invasion russe à grande échelle de son territoire en février 2022, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mais la guerre en Ukraine a été largement éclipsée dans l’ordre du jour de la Maison Blanche par le conflit dans le Golfe et la perspective de pourparlers s’est éloignée. La guerre en Ukraine a toutefois été évoquée mardi lors d’un appel entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, a annoncé le département d’État.
Moscou refuse tout cessez-le-feu durable
Selon l’analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko, l’annonce de trêve par Kiev est une manœuvre tactique dans les champs « informationnel et politique ». « Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien. Cela annule l’initiative de Poutine », a-t-il estimé, jugeant qu’il était « presque certain » qu’aucun des cessez-le-feu ne serait pleinement suivi.
En avril, un cessez-le-feu de 32 heures pour la Pâque orthodoxe avait été violé à de nombreuses reprises sur le front, même si un arrêt des attaques aériennes longue portée avait été observé.
Moscou refuse tout cessez-le-feu durable, arguant qu’il permettrait à Kiev de renforcer ses défenses. La Russie exige notamment, avant tout arrêt des combats, que l’Ukraine lui cède toute la région de Donetsk (dans l’est du pays), que l’armée russe ne contrôle que partiellement.
Pour la première fois depuis l’été 2023, la zone contrôlée par les Russes en Ukraine a diminué de quelque 120 km2 en avril, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW).
Avec AFP
Source:
www.france24.com




