La photo de la semaine : l’instant où cet orang-outan ose enfin traverser ce pont au-dessus du vide, une image pleine d’espoir

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Au-dessus d’une route qui coupe la forêt en deux, une silhouette rousse avance lentement, suspendue entre les arbres. Un orang-outan de Sumatra se lance dans l’inconnu. Il est l’un des grands singes les plus menacés de la planète. Alors lorsqu’il accepte enfin d’emprunter un passage conçu pour sa survie, l’image prend une portée bien plus large qu’un simple instant capturé.

Dans le nord de l’île de Sumatra, dans le district de Pakpak Bharat, un orang-outan a été filmé en train de traverser une route… par les airs. L’animal utilise l’un des cinq ponts suspendus installés dans la canopée pour relier deux fragments de forêt — la réserve de Siranggas et la forêt protégée de Sikulaping — séparés par les activités humaines. Un geste rare, attendu depuis deux ans par les équipes de conservation.


L’orang-outan qui a emprunté le pont construit construit pour lui permettre de traverser une route dans le district de Pakpak Bharat, au nord de Sumatra, s’est arrêté un instant, comme pour jeter un oeil à la caméra. © Sumatran Orangutan Society 

Un passage vital au-dessus de la route

Dans cette région, environ 350 orangs-outans vivent encore à l’état sauvage. Mais l’agrandissement de la route en 2024 a ouvert une brèche dans la canopée. Les déplacements des orangs-outans, qui passent l’essentiel de leur vie dans les arbres, y sont devenus impossibles.

Les orangs-outans sont des animaux très intelligents. En août dernier, un autre individu s’est échappé du zoo de Toronto. © Salvador Manaois III, Adobe Stock

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Karta, orang-outan au destin exceptionnel, a marqué les esprits par son intelligence, ses malheurs et surtout, sa tentative d’évasion…. Lire la suite

Des pièges photographiques avaient déjà montré que gibbons et macaques utilisaient ces ponts. Restait une inconnue majeure : les orangs-outans allaient-ils s’y aventurer ? La réponse est oui !

Un espoir pour une espèce en danger critique

Au-delà de l’image, l’enjeu est crucial. En fragmentant l’habitat, les infrastructures humaines isolent les populations animales. Chez les orangs-outans, cela peut conduire à une consanguinité accrue, avec des conséquences génétiques lourdes : malformations, fragilité et déclin accéléré.

Un ourang-outan et son dessin. © Marie Pelé, The Conversation

Molly, l’artiste orang-outan qui a captivé le Japon

Donner une feuille de papier et des crayons à un groupe d’orang-outans et… observer le résultat. Chaque dessin est différent, se complexifiant au fil du temps, reflétant la personnalité de son auteur, dévoilant des préférences de couleurs, de forme, qui ne sont pas le fruit d’un hasard mais bien le résultat d’une intention. Molly s’exprime de façon plus complexe que Kiki, ou que Nénette, Julie, Yuki et Gypsy. L’éthologue, Marie Pelé, étudie le dessin simiesque, s’interrogeant sur la création artistique des primates et l’émergence du dessin chez l’être humain…. Lire la suite

Ces ponts suspendus offrent une solution simple, mais essentielle : rétablir la circulation des individus entre les groupes.

Concilier développement et biodiversité

La route, elle, reste indispensable aux communautés locales, qui dépendent de cet axe pour accéder aux soins, à l’éducation ou aux services administratifs. Difficile donc de choisir entre développement humain et protection de la biodiversité.

Pour Helen Buckland, directrice générale de l’association caritative britannique Sumatran Orangutan Society (SOS), cette initiative montre qu’un compromis est possible : « ces ponts sont la preuve que développement humain et faune sauvage ne sont pas forcément incompatibles. Parfois, les solutions les plus simples sont aussi les plus efficaces. »


Source:

www.futura-sciences.com

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