Un an et demi après leur interdiction, les supermarchés seront à nouveau autorisés à vendre du tabac et des cigarettes électroniques dès 2027, a décidé le gouvernement fédéral. “C’est du marchandage au plus haut niveau”, réagit avec mécontentement la fédération des buralistes.
Fleur Mees, Jana Valcke, Kevin Dupont
Source: HLN
Pour les fumeurs, c’était une grande source de frustration. Depuis avril 2025, il n’était plus possible d’acheter un paquet de cigarettes ou une cigarette électronique dans les supermarchés classiques. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), souhaitait ainsi réduire considérablement le nombre de magasins vendant du tabac et, par ricochet, amener les Belges à en acheter moins. La vente de tabac a ainsi été limitée aux magasins d’alimentation de plus de 400 mètres carrés, ainsi qu’aux petits commerces.
Buurtsuper.be, l’organisation qui regroupe les supermarchés indépendants en Flandre, et le fabricant de tabac Philip Morris Benelux ont jugé cette mesure discriminatoire et ont saisi la Cour constitutionnelle. À juste titre, puisque cette dernière a estimé la critique fondée. Le gouvernement devait donc trouver une solution d’ici la fin de cette année pour y remédier.
“Nous vivons dans un État de droit, nous allons donc nous y conformer”
Ce litige amène les autorités à opérer aujourd’hui un revirement à 180 degrés dans le plan antitabac de Frank Vandenbroucke. Au moment même où le gouvernement concluait un accord sur l’interdiction des arômes dans les cigarettes électroniques, il a donc été décidé de revenir sur l’interdiction de la vente de tabac dans les supermarchés. “La Cour constitutionnelle estime qu’il n’est pas possible de justifier la distinction entre grands et petits magasins. Nous vivons dans un État de droit, nous allons donc nous y conformer”, a réagi le ministre de la Santé.
Ce changement ne sera toutefois pas directement visible pour les clients, car la vente de tabac et de cigarettes électroniques est soumise à une autre interdiction concernant son exposition en rayon. Les produits doivent être dissimulés, dans une vitrine ou derrière un rideau, afin de limiter autant que possible les achats impulsifs.
Jeu politique
Outre l’arrêt de la Cour constitutionnelle, des manœuvres politiques ont également joué un rôle dans ce rétropédalage. Le MR s’opposait depuis un certain temps à l’interdiction des arômes dans les cigarettes électroniques, une mesure que Vandenbroucke tenait absolument à faire adopter. Le ministre socialiste avait même lié ce dossier à l’approbation de l’extension des flexi-jobs, qui tient à cœur aux libéraux francophones.
Afin d’amener le MR à se montrer un peu plus souple sur la question des cigarettes électroniques, Frank Vandenbroucke a fait un geste en faveur du parti de Georges-Louis Bouchez en cédant sur la vente de tabac dans les supermarchés. “Pour moi, c’était un compromis”, admet-il.
Cet accord a été approuvé, d’où l’interdiction des arômes dans les cigarettes électroniques, qui entrera en vigueur en septembre 2028. Seuls les arômes “tabac” et “neutre” seront encore autorisés, afin de les rendre moins attrayantes pour les enfants.
La fédération des buralistes Perstablo a pour sa part réagi avec indignation à la levée de l’interdiction de la vente en supermarché. “C’est du marchandage au plus haut niveau. Je n’ai pas d’autre mot pour le décrire”, déclare son président, Yannick Gyssens.
Perstablo défend les petits kiosques à journaux et était donc une fervente partisane de la réduction du nombre de points de vente de tabac (en particulier les grands). “Cette mesure va totalement à l’encontre de la politique défendue par le ministre Vandenbroucke. Il rend à nouveau les cigarettes classiques largement disponibles, alors que les alternatives moins nocives, comme les cigarettes électroniques, sont visées.”
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Source:
www.7sur7.be




