Acupuncture, compléments alimentaires, sophrologie… Certaines femmes atteintes d’un cancer du sein font le choix d’avoir recours aux médecines complémentaires et alternatives, en complément des traitements médicaux traditionnels, pour combattre la maladie. D’autres, même si elles représentent une minorité, se tournent uniquement vers les traitements non conventionnels.
Des chercheurs ont comparé le taux de survie de celles ayant reçu exclusivement des traitements conventionnels au taux de survie de celles ayant eu recours à au moins une médecine complémentaire ou alternative. Leur étude a été publiée dans la revue Jama Network Open.
Les données de plus de 2 millions de patientes analysées
Le Dr Oluwaseun Ayoade, interne à la faculté de médecine de Yale (YSM), et son équipe, ont analysé les données de plus de 2 millions de patientes atteintes d’un cancer du sein. Pour avoir accès à autant de données, les chercheurs se sont appuyés sur la National Cancer Database, qui recense 70 % des nouveaux cas de cancer aux États-Unis.
Près de 98 % des femmes de la cohorte avaient reçu des traitements conventionnels pour soigner leur cancer, à savoir la chirurgie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie ou la radiothérapie. Celles ayant été traitées uniquement par médecine complémentaire ou alternative étaient donc minoritaires.
L’analyse des données a montré que les patientes qui ont eu recours uniquement aux médecines douces avaient 3,7 fois plus de risque de mourir dans les cinq ans suivant le traitement, par rapport à celles qui avaient reçu exclusivement des traitements conventionnels. Il s’agit du même taux de mortalité que les patientes ayant fait le choix de ne recevoir aucun traitement.
3,5 millions de cas : pourquoi le cancer du sein pourrait exploser d’ici 2050
3,5 millions : c’est le nombre de nouveaux cas de cancer du sein attendus chaque année dans le monde d’ici 2050. Pendant que les pays riches réduisent leur mortalité, les nations pauvres voient leurs décès exploser. Une fracture mondiale silencieuse, mais meurtrière…. Lire la suite
Mais ce qui a le plus surpris les chercheurs est le taux de mortalité plus élevé chez les patientes ayant combiné médecine complémentaires et alternatives, et traitements traditionnels, par rapport à celles qui avaient reçu uniquement des traitements traditionnels : une mortalité 1,4 fois plus élevée, soit 40 % de risques supplémentaires de décéder dans les cinq ans.

La plupart des femmes atteintes d’un cancer du sein qui ont recours aux médecines douces, le font pour mieux supporter les effets secondaires des traitements traditionnels. © Romaset, Adobe Stock
Éviter certains traitements traditionnels grâce aux médecines complémentaires et alternatives
Les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi une approche combinée pouvait entraîner des taux de survie plus faibles.
« Il ressort des données que les patients ayant utilisé des médecines complémentaires et alternatives en association avec des thérapies traditionnelles ont évité certains traitements traditionnels, notamment la radiothérapie et l’hormonothérapie, ce qui a probablement contribué à la diminution de la survie », explique le Dr Daniel Boffa, professeur de chirurgie thoracique.
L’équipe de chercheurs a également été surprise de constater que très peu de patientes avaient informé leur équipe soignante de leur volonté de recourir à des thérapies alternatives. « Si les patientes n’ont pas informé leurs médecins de leur intention d’utiliser des traitements alternatifs, leur utilisation n’a pas été prise en compte dans notre recherche », ont-il fait remarquer.

Aucun symptôme, aucune alerte : cette oncologue découvre soudain son cancer
Une oncologue de 46 ans reçoit un diagnostic de cancer du sein alors qu’elle n’avait aucun symptôme. Cinq tumeurs découvertes en un an, sur un sein qu’elle croyait sain. Comment vit-on ce basculement quand on est soi-même spécialiste du cancer ? Son témoignage bouleverse…. Lire la suite
Aujourd’hui, le taux de survie du cancer du sein à cinq ans dépasse les 90 % pour les formes localisées diagnostiquées à un stade précoce. Les chances de guérison dépendent non seulement de la mise en place d’un traitement médical ou non, mais aussi d’autres facteurs tels que le stade au diagnostic, le type de tumeur, l’atteinte ganglionnaire et les caractéristiques biologiques de la tumeur.
Source:
www.futura-sciences.com




